Category: Secteur privé

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au VIe congrès de l’AFMED

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au VIe congrès de l’AFMED

Crédits: Habari RDC

 

Honorable Président de l’Assemblée nationale, ici représenté,

Monsieur le Gouverneur, ici représenté,

Monsieur le Commissaire Général Adjoint de la Police nationale congolaise,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Distingués invités en vos titres, grades et qualités respectifs,

C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole à ce rendez-vous qui est désormais devenu incontournable. Effectivement chaque année au mois de novembre on a tous cette envie, cette aspiration de se retrouver ici à Kinshasa au congrès de l’AFMED.

Je tiens avant tout à féliciter les organisateurs et le bureau de l’AFMED pour cette initiative. Je veux surtout les féliciter pour les sentiments qui les animent. Premièrement pour ce sentiment, ce souci de partager le savoir et les expériences. Deuxièmement, pour un autre élément qui est aussi important : le souci de reconnaissance vis-à-vis de l’alma Mater qui est d’ailleurs l’un des Dix Commandements (honorer son père et sa mère). Je veux également féliciter tous les membres de l’AFMED et vous remercier chers invités pour votre présence qui vient rehausser cette sixième édition du Congrès de l’AFMED.

Le thème choisi cette année, qui est la médecine d’ici et d’ailleurs, est un thème qui raisonne très fort en moi parce qu’il fait référence à un concept que j’aime bien : le concept de contemporanéité. Selon ce concept, qu’on soit ici ou ailleurs, on est tous dans le troisième millénaire. Et le thème que vous avez choisi témoigne bien votre aspiration très forte de se dire qu’en 2017, même en République Démocratique du Congo on doit faire une médecine du troisième millénaire à laquelle tous les Congolais, tous les citoyens doivent avoir accès.

De plus, j’aimerai aussi vous féliciter d’avoir organiser un tel congrès car vous aidez la communauté scientifique et médicale congolaise à sortir d’un certain isolement. En effet, Pendant des années, notre communauté scientifique a beaucoup souffert d’un isolement aussi bien physique, technologique que scientifique.

Au niveau physique, nos scientifiques sont isolés à cause des difficultés pour voyager qui les empêchent parfois d’assister à des congrès internationaux. Au niveau technologique, nos étudiants sont isolés car nous n’avons ni les moyens, ni la technologie et outils didactiques pour leur enseigner la médecine du troisième millénaire. Enfin, l’isolement scientifique est lié au fait que nos étudiants et médecins n’ont pas accès à toute la littérature scientifique existante, ce qui les isole de la communauté scientifique internationale.

Je suis ministre de la santé depuis décembre 2016 et il est vrai que, lorsque j’avais été nommé par le Chef de l’Etat, mon ambition était de faire de la République Démocratique du Congo un hub santé, une destination santé en Afrique tout comme l’Inde l’est devenu.

Il faut savoir que nous avons tout pour réaliser le miracle indien. Il y a 15 ans personne n’aurait imaginé aller se faire soigner en Inde. On savait qu’il y avait de bons médecins indiens à travers le monde mais c’est tout ce qu’on savait. Il a effectivement fallu une politique volontariste de l’Inde pour arriver aux résultats qu’on connait aujourd’hui.

Ce résultat est également possible en RDC parce que, comme tout le monde le sait, nous avons d’éminents et brillants médecins congolais à travers le monde. Et, si nous créons les bonnes conditions, toutes ces éminences seront à mesure de faire de la RDC une destination santé de niveau international pour toute l’Afrique et même le reste du monde.

Lorsque je suis arrivé ici, j’étais très heureux de constater qu’il existait déjà en RDC un Plan national de Développement sanitaire (PNDS). On est déjà à la deuxième version de ce plan national dont le but ultime est d’arriver à une couverture sanitaire universelle pour tous les congolais d’ici 2030. Donc quand les autres intervenants ont parlé de fous qui rêvent, en fait non vous n’êtes des fous. Transformer le secteur de la santé en RDC est une aspiration que nous avons tous ici.

La question maintenant est donc de savoir qu’est-ce qui nous manque pour progresser et évoluer vers cette médecine du troisième millénaire vu qu’on a un plan de développement stratégique, des expertises et des médecins brillants à travers le monde. Quand on écoute la présentation de la petite Crystal, c’est vrai que la situation est très préoccupante. Aujourd’hui, beaucoup de gens interpellent le Représentant du Président de l’Assemblée nationale qui est avec nous en disant que c’est lui qui a le pouvoir de changer la situation.

Or, j’aimerais vous dire que la création de la couverture sanitaire universelle n’est pas l’œuvre que d’un seul groupe d’individus. Beaucoup de personnes doivent s’impliquer et agir pour arriver à atteindre ce noble objectif. Votre dynamique de l’AFMED représente déjà la réponse à ma question car, en organisant ce congrès, vous avez décidé d’être acteurs du changement et non pas simples spectateurs.

Par conséquent, pour arriver à cette couverture sanitaire universelle, nous devons tous changer notre attitude et nous comporter comme des vrais acteurs du changement. Cela veut dire que la communauté médicale doit accepter qu’elle est une des premières entités responsables de la qualité des soins offerts. Ainsi, en tant que médecin, nous devons toujours nous positionner comme co-auteurs de la médecine qu’on offre à nos concitoyens.

 

Les piliers de la transformation du secteur de la santé

C’est par ces mots que j’aimerais partager avec vous deux, trois réflexions sur ce qui devrait, à mon sens, changer dans notre approche collective aux problèmes de santé en RDC.

  1. L’éthique en médecine

Le premier élément, qui est aussi le plus important selon moi, c’est la dimension d’éthique, de redevabilité et de transparence.

On dit souvent que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Il n’y a pas plus vrai qu’en médecine. Je crois que si nous voulons avoir une médecine de qualité, il est important d’incorporer cette dynamique de redevabilité, cette conscience professionnelle. Je me souviens, à la fin de mes études de médecine, on se demandait avec mes amis qu’est-ce qui fait un bon médecin. Est-ce le médecin brillant qui a toujours fait de grandes distinctions ? Ou bien est-ce un médecin qui produit énormément au niveau de la recherche scientifique ?

Après mûre réflexion, on est arrivé à la conclusion qu’un bon médecin c’est avant tout un médecin consciencieux. En tant que médecin, c’est impossible de tout savoir mais vous serez de bons médecins lorsque vous aurez conscience de vos limites ; vous aurez conscience du moment où il faut passer la main à vos collègues ; vous serez conscients du fait qu’on ne peut pas quitter un malade sans avoir résolu son problème. C’est cela l’éthique et la redevabilité.

 

  1. La gestion de l’information médicale

On dit souvent que la médecine c’est un art. En effet, c’est l’art de gérer l’information médicale, c’est l’art de traduire les plaintes d’un patient en une information qui permet d’orienter la décision du médecin.

Ce deuxième pilier de la gestion de l’information médicale est donc un élément fondamental dans la pratique médicale. Lorsque j’ai visité la plupart d’hôpitaux de notre pays, j’ai déploré le fait que très peu d’hôpitaux n’ont mis en place un système de dossier médical. Lorsqu’on parle d’informations médicales, beaucoup pensent directement aux statistiques médicales. Or, la première information médicale de base c’est le dossier médical. Combien d’institutions médicales dans notre pays ont des dossiers médicaux correctement tenus ?

Il faut savoir que sans dossier médical, il n’y a pas de continuité des soins. Sans dossier médical on ne sait pas apprendre la médecine. Et sans dossier médical on ne sait pas faire de la recherche scientifique non plus.

 

  1. La santé comme un secteur porteur de l’économie congolaise

Le troisième élément sur lequel j’aimerais insister est le fait qu’on oublie souvent que la santé est aussi un secteur porteur de l’économie. Cela ne veut pas dire que la médecine, la santé est un business. Ça ne peut pas l’être. Par contre, ce que je veux dire c’est que la santé est un secteur de l’économie dans la mesure où on y échange énormément de biens et de services. C’est une économie des services dans laquelle on essaye de rendre des services. Et pour rendre service on a besoin d’une multitude de moyens, de ressources et d’intrants pour que les experts puissent exercer leur art au chevet du malade.

Donc, il faut aussi se dire qu’il y a toujours une dimension économique dans la médecine. J’insiste sur cette dimension économique parce que, trop souvent, on oppose l’approche santé publique qui est une approche avec de la planification à grande échelle et l’approche des cliniciens qui eux insistent sur leur contribution diagnostiques au chevet du malade.

L’approche de l’économie de la santé permet de concilier les deux approches en se disant que, dans tous les cas de figures, la clé est de bien utiliser les ressources dont on dispose pour pouvoir soigner au mieux le patient.

Un autre aspect de cette dimension économique qui revient souvent est celle des moyens dont le secteur de la santé dispose en RDC. Il est vrai que dans les frais de fonctionnement du système de santé congolais, 40% viennent de la poche des Congolais, 40% viennent de l’aide internationale, et la contribution du gouvernement est de 5 à 6%.

C’est vrai que la contribution du gouvernement est largement insuffisante par rapport aux besoins de la population. Mais, même la contribution internationale, qui permet d’avancer un peu plus, est extrêmement marginale. Donc, en fait, à l’heure actuelle, les contributions de tout le monde sont bien en deçà de ce dont la population a besoin.

Pour vous donner un ordre de grandeur, il faudrait environ 50 dollars par habitant par an pour avoir des soins de santé de qualité en RDC. Vu qu’on est environ 80 millions d’habitants, cela voudrait dire qu’il nous faudrait, juste pour la santé, un budget annuel de 4 milliards de dollars pour pouvoir offrir une médecine digne de ce nom.

Aujourd’hui, le budget annuel de l’Etat congolais est aux alentours de 7 milliards USD et la santé représente 6 à 7 % de ce budget total. Ainsi, pour avoir 4 milliards USD à disposition du système de santé, il faudrait que le budget de l’Etat annuel atteigne 60 à 70 milliards USD. Ainsi, le vrai challenge aujourd’hui c’est d’augmenter cette assiette globale, c’est le développement de la Nation afin d’arriver à une nation émergeante avec un budget de l’état de l’ordre de 80 à 100 milliards USD. C’est tout à fait faisable et c’est ça qui doit être notre objectif car c’est ce qui nous permettra d’arriver à une couverture sanitaire universelle.

 

Que faire pour sortir de cette impasse ?

En tant que médecins, nous savons tous que nous devons faire un bon diagnostic pour pouvoir traiter correctement les patients. Or, notre marché de la santé a un problème car les besoins des patients ne sont pas satisfaits par l’offre qui leur est faite actuellement. On peut alors dire que notre système de santé tel qu’il est aujourd’hui est dans une situation de « market failure », où l’offre ne correspond pas aux besoins.

Il existe plusieurs axes pour sortir de cette impasse.

  1. Adopter des normes règlementaires

Du côté règlementaire, on pense tout de suite que le gouvernement doit prendre toute une série de normes et de règles pour améliorer la situation. C’est important mais ce n’est pas suffisant. L’une de mes premières décisions en tant que Ministre de la Santé était de créer une Inspection générale de la santé pour pouvoir inspecter le respect des normes. Très rapidement, on s’est rendu compte des limites de cette approche qui repose uniquement sur les normes et l’inspection car on ne peut pas mettre un inspecteur ou un agent de police derrière chaque personne.

 

  1. Intégrer le secteur privé

Si l’on veut aller plus loin, il faut intégrer le secteur privé, les associations professionnelles dans la discussion, en plus du volet normatif. Le secteur privé, les associations professionnelles, l’Ordre des Médecins ont tous un rôle à jouer.

Prenons l’exemple des universités. Il existe une pléthore d’universités et il faudrait prendre des mesures draconiennes pour fermer toutes les facultés de médecine qui ne sont pas viables. D’un autre côté, le secteur privé et les associations professionnelles ont une marge de manœuvre et peuvent prendre des mesures pour limiter l’accès aux numéros d’ordre des médecins. Ce n’est pas parce que quelqu’un a un diplôme de médecine qu’il a automatiquement accès au numéro d’ordre.

Donc, tout le monde a sa part de responsabilité pour essayer de changer l’environnement dans lequel nous travaillons.

 

  1. Réguler par la certification

La régulation du secteur de la santé ne se fait pas seulement par l’adoption de normes par un inspecteur. La régulation se fait aussi lorsqu’on donne une information correcte au patient. Si on peut indiquer aux patients les endroits où on fait de la bonne médecine, alors les patients se rendront automatiquement dans ces endroits-là. C’est le principe de la certification. Les associations professionnelles peuvent également mettre en place un système de label de qualité qui permettrait d’identifier les hôpitaux et centres de santé qui pratiquent la bonne médecine. Ce label pourrait également être appliqué aux pharmacies. Au-delà des normes et lois adoptées par le Ministère de la Santé, tous ces éléments contribuent à la régulation du système de santé.

 

  1. Collaborer avec les opérateurs économiques et financiers

Pour améliorer le marché de la santé, il faut améliorer l’accès au financement pour les acteurs de la santé. Pour l’instant, le secteur de la santé de manière générale n’a pas assez accès au financement disponible.

Quelqu’un qui veut racheter une entreprise de ciment trouvera à la Banque mondiale de l’argent pour financer son rachat. Mais aujourd’hui si un prestataire congolais, un groupe de médecins congolais, un groupe de jeunes Congolais veulent ouvrir une polyclinique, ces jeunes-là n’ont personne pour financer ce projet. Donc ça veut dire aussi que pour changer l’environnement, on doit aussi s’adresser aux opérateurs économiques, aux banques, aux financiers, qui doivent changer leur approche.

Il est vrai que jusqu’à présent ils ont peur du secteur de la santé qu’ils ne connaissent pas. Il y a un gap d’information mais on doit essayer de combler ce gap et essayer d’arriver à créer un environnement dans lequel ils peuvent avoir confiance et oser prêter au secteur de la santé.

Dans cet esprit, le Ministère de la Santé a organisé avec la Banque mondiale, la Société financière internationale (SFI/IFC), la Fondation Bill & Melinda Gates et la coopération américaine, une table ronde sur l’évaluation du secteur privé de la santé pour justement essayer d’identifier les éléments qu’il faut réunir pour que le secteur bancaire puisse prêter aux prestataires congolais.

On se retourne souvent vers l’Etat en disant que l’Etat doit financer tous ces projets mais dans la plupart des pays du monde, même lorsque l’Etat finance en fait l’Etat se retourne vers une banque. Et cette banque qui préfinance l’Etat sert de garantie. Donc pour changer l’environnement médical dans lequel on se trouve, nous devons faire la démarche d’aller vers les acteurs financiers pour qu’ils soient prêts à accorder leur confiance au secteur de la santé.

 

  1. Créer une politique industrielle pour le secteur de la santé

Le dernier volet sur lequel j’allais insister c’est sur le volet industriel. Si nous voulons faire du Congo un pôle de développement, un pôle économique où l’industrie médico-pharmaceutique se développe, il faut aussi adopter des lois qui favorisent la production locale. Il y a des entreprises pharmaceutiques locales et il faut les soutenir.

C’est ce que l’Inde a fait et il y a même une forme de protectionnisme. Lorsque vous allez en Inde, vous pouvez acheter un scanner pour peut-être 200.000 USD si le scanner reste en Inde. Mais si le scanner est exporté vers un autre pays, le scanner coute alors dans les 400.000, voire 500.000 USD. Donc il y a toute une politique industrielle qu’il faudra aussi créer si nous voulons vraiment avoir un secteur de la santé qui est extrêmement florissant.

 

Conclusion : Sortons de la logique humanitaire et devenons de vrais acteurs économiques

Donc aujourd’hui on parlait de médecine d’ici et d’ailleurs. Comment s’assurer qu’en République Démocratique du Congo nous ferons une médecine du troisième millénaire ? Je voulais terminer mon exposé en disant qu’on doit tous sortir de cette logique humanitaire.

Souvent lorsqu’on parle de la santé, on reste dans cette logique humanitaire. Nous-mêmes médecins, soignants, infirmiers, lorsqu’on a choisi de faire ce métier, on pensait soigner la veuve et l’orphelin. Mais il faut savoir aussi que même un hôpital reste une entreprise, une entreprise de services. Quel que soit votre bonne volonté et votre vocation de départ, si votre hôpital n’est pas géré comme une entreprise, il ne pourra pas soigner la veuve et l’orphelin car il ne sera pas viable.

Au niveau de la société aussi on doit arrêter de se dire que l’infirmier, le médecin qui me soigne eux ils ont la vocation. Non, si vous ne payez pas correctement le médecin qui vous soigne, il ne vous soignera pas correctement. Si les médecins et infirmiers n’ont pas des salaires décents, on n’aura pas de médecine décente. Si un infirmier gagne 20.000 francs congolais, vous aurez une médecine qui vaut 20.000 francs congolais. Donc si on veut avoir une médecine de qualité, il faudrait aussi que la société et le pouvoir public comprennent qu’il faut payer correctement les professionnels de la santé.

De plus, on se repose trop souvent sur les partenaires lorsqu’il y a un problème. Mais il faut également se dire qu’on n’aura jamais une médecine durable, un développement du secteur de la santé si l’on continue à nous reposer sur cette logique de l’aide venant des ONG.

La santé c’est un secteur de l’économie et nous devons tous entrer dans cette dynamique économique. Une économie de services n’est pas un simple business. Nous sommes là pour rendre une série des services. Pour que cette économie de services puisse fonctionner il faut que tout le monde fasse sa part. Le pouvoir public doit adopter une bonne régulation et les prestataires doivent se forcer à offrir des soins de qualité. Il faudra aussi travailler sur le pouvoir d’achat de la population pour qu’elle puisse s’offrir ces soins de santé de qualité.

La couverture sanitaire universelle est notre idéal à tous mais pour y arriver nous avons aussi besoin d’une certaine expertise technique. Je crois qu’il y aura des experts du ministère de la santé qui vous présenteront la stratégie du financement du secteur de la santé. Ce sera l’occasion pour chacun d’entre nous, pour l’AFMED et toutes les autres associations professionnelles de réfléchir à comment nous pouvons nous inscrire comme co-auteurs, comme des personnes qui contribuent à écrire une nouvelle page de l’histoire médicale de notre pays. Il est temps que nous nous positionnions tous en acteurs plutôt que spectateurs.

J’aimerais clôturer mon mot sur un dernier point qui est un tout petit peu anecdotique par rapport au thème de la médecine d’ici et d’ailleurs. Ce n’est pas une affirmation mais plutôt un questionnement que je lance à tous les intellectuels qui sont dans la salle. A l’heure actuelle, lorsqu’on parle de médecine du troisième millénaire, il y a une tendance dans la plupart des pays étrangers à mettre en avant les médecines alternatives ou parallèles. Il faut savoir que le National Institute of Health (NIH) aux Etats-Unis a voté un budget de plus de 30 millions USD pour que les universités fassent de la recherche aussi dans tout ce qui est médecine alternative, ou médecine collaborative comme ils l’appellent.

Donc la question que je pose aussi aux éminents intellectuels, aux éminents collègues de la faculté de médecine c’est : quelle est la place qu’on laissera aussi à notre médecine traditionnelle dans cette médecine du troisième millénaire ? Dans ce troisième millénaire et cette ère de la technologie, quelle sera la contribution de notre nation à cette nouvelle approche de la médecine alternative qui intègre les différentes dimensions de la médecine ?

 

Voilà les quelques réflexions et pistes de solutions que j’ai voulu échanger avec vous à l’aube de ce congrès.

Je vous souhaite un excellent congrès, rempli d’échanges. Et j’espère que vous repartirez enrichis par les rencontres et par votre séjour parmi nous.

Je vous remercie pour votre attention.

Le Ministre de la Santé donne un nouvel élan aux réformes du système de santé en RDC et tend la main au secteur privé

Le Ministre de la Santé donne un nouvel élan aux réformes du système de santé en RDC et tend la main au secteur privé

Kinshasa, 24 octobre 2017 – Le Ministre de la Santé, Dr Oly Ilunga Kalenga, a officialisé, ce mardi 24 octobre 2017 le lancement de l’Évaluation du Secteur Privé de la Santé en République Démocratique du Congo. Cette Évaluation du Secteur Privé de la Santé s’inscrit pleinement dans la lignée des réformes du système de santé congolais visant à offrir des soins de santé abordables et de qualité, accessibles à tous.

Pour le lancement de cette évaluation, le Ministère de la Santé a organisé une table ronde qui regroupe une soixantaine de représentants du gouvernement, du secteur privé de la santé, de la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Mr Moustapha Ndiaye, Directeur des Operations de la Banque Mondiale pour la RDC et la République du Congo a expliqué que « les dépenses publiques de santé ne sont pas suffisantes pour couvrir les nombreux besoins de la population. Face à cette insuffisance, le secteur privé pourrait jouer un rôle essentiel non seulement dans la réalisation des résultats sanitaires de base dans le pays, mais également comme moteur potentiel de croissance et de création d’emplois dans le secteur de la santé. »

Le secteur privé fait déjà partie intégrante du système sanitaire congolais. De nombreuses institutions des secteurs lucratif, confessionnel et associatif, ont mis en place des structures de santé. L’Evaluation du Secteur Privé de la Santé vise à mieux orienter le Ministère de la Santé et les partenaires de développement dans leurs stratégies et investissements en vue du renforcement du système de santé en RDC.

« Mon ambition pour ne pas vous cacher est effectivement d’imaginer avoir à l’horizon 2030 une République Démocratique du Congo qui est un véritable hub santé en Afrique avec une industrie médico-sanitaire, médico-pharmaceutique florissante, à l’instar de l’Inde. Pour y arriver, tous les acteurs actifs dans le secteur de la santé doivent collaborer. Et l’étude qui va être menée est vraiment un premier pas d’ouverture du secteur public vers le secteur privé. », a déclaré le Dr Oly Ilunga Kalenga à l’ouverture des travaux de la table ronde.

Le Gouvernement, à travers le Ministère de la Santé, s’est engagé depuis de nombreuses années à renforcer le système de santé en lançant de nombreuses réformes adressant les défis majeurs liés aux piliers du système congolais, à savoir les faiblesses au niveau des prestations de services de santé, de l’accessibilité des produits et technologies pharmaceutiques et médicaux, des solutions de financement de la santé, des systèmes d’information sanitaires, des ressources humaines et, enfin, de la gouvernance générale du système.

Le Ministère de la Santé est convaincu que le secteur privé a un rôle essentiel à jouer dans la matérialisation de la vision du gouvernement. En soutenant, l’Évaluation du Secteur Privé de la Santé, le Gouvernement entend ainsi :

  • comprendre les dynamiques et la structure du secteur privé afin de mieux l’intégrer dans la mise en œuvre des programmes de renforcement du système de santé ;
  • identifier les mesures à prendre pour créer un cadre réglementaire propice au développement d’un secteur privé partenaire du public dans la santé ;
  • évaluer la contribution du secteur privé à l’économie nationale et au budget national ;
  • stimuler les investissements privés dans le secteur de la santé.

Cette Évaluation est soutenue par la Banque mondiale en partenariat avec l’IFC, le Fondation Bill et Melinda Gates et USAID. Elle sera conduite par Abt Associates, un des leaders mondiaux dans la recherche et la mise en œuvre de programmes dans les domaines de la santé, qui travaillera en étroite collaboration avec le Ministère de la Santé.

FIN

 

 

 

Bettina Brunner, Manager régionale des pays francophones chez Abt Associates, Ahmadou Moustapha Ndiaye, Directeur des Opérations de la Banque mondiale en RDC et République du Congo, Dr Oly Ilunga Kalenga, Ministre de la Santé, Jean-Julien Ilunga, Conseiller du Ministre en charge du secteur privé

 

 

 

 

 

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga pour la Table Ronde de lancement de l’Évaluation du Secteur Privé de la Santé en RDC

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga pour la Table Ronde de lancement de l’Évaluation du Secteur Privé de la Santé en RDC

Monsieur le conseiller à la primature en charge de la santé,

Monsieur le Secrétaire Général à la santé,

Monsieur l’Inspecteur Général à la santé ici représenté,

Monsieur   le Directeur pays de la Banque mondiale,

Mesdames et Messieurs les délégués du système des Nations Unis, partenaires de la coopération Bi et Multilatéral du Ministère de la santé,

Mesdames et Messieurs les Directeurs centraux et des programmes spécialisés du Ministère de la santé,

Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invites en vos titres et qualités respectifs,

 

C’est un réel plaisir pour moi de vous souhaiter la bienvenue à cette rencontre inédite avec le secteur privé de la santé en République Démocratique du Congo. Je tiens avant tout à remercier la Banque Mondiale d’avoir permis la réalisation de ce projet en un temps record et d’avoir aussi amené l’ IFC, USAID et la Fondation BILL et MELINDA GATES à participer et soutenir à cette étude et ce projet.

Je tiens aussi à remercier tous les membres du cabinet qui travaille sur ce projet depuis le premier jour de mon entrée en fonction. Lorsque le chef de l’Etat m’a confié la mission du ministère de la santé, mon objectif principal était effectivement la mise en œuvre du programme national de développement sanitaire et conduire le pays à la couverture sanitaire universelle en 2030.

Pour accélérer la mise en œuvre du PNDS et le rendre aussi soutenable j’avais identifié trois piliers qu’il était important de renforcer :

  • Le premier pilier était l’éthique et la rédévabilité dans le système ;
  • Le deuxième pilier était la question du management de l’information sanitaire pour basculer dans un environnement où la prise de décision et le management sont basés sur des évidences ;
  • Et le troisième pilier était le renforcement du secteur privé.

L’ambition pour ne pas vous cacher était effectivement, à l’instar de l’Inde, d’imaginer un jour dans un horizon 2030 d’avoir une République Démocratique du Congo qui est un véritable hub santé en Afrique avec une industrie médico-sanitaire, médico-pharmaceutique florissante.

Cette ambition était partagée avec les représentants de la Banque Mondiale et après plusieurs discussions nous sommes arrivés à la conclusion très simple que même un voyage de plus de 1000 miles commence par le premier pas. Et le premier pas que nous avions convenu était de commencer par cette étude, cette évaluation du secteur privé de la santé.

La firme Abt Associates a été retenue pour nous réaliser ce projet et, avant de leur céder la parole pour leur permettre de nous présenter la méthodologie d’évaluation et aussi avant d’écouter les contributions de tous les participants autour de la table, je voudrais juste partager avec vous la perspective que j’ai par rapport à cette problématique.

Nous ne devrons pas perdre de vue que l’objectif effectivement c’est la couverture sanitaire universelle et même cet objectif ne peut être soutenable et un succès que s’il s’inscrit dans une logique économique. La santé n’est pas un bien échangeable, mais pour parvenir a la santé il y a des biens et services de soins de santé qui eux sont échangeables et qui eux obéissent aussi à des règles économiques.

La santé est aussi un véritable secteur de l’économie nationale avec des acteurs privés, des acteurs publics, des acteurs de tout genre. Pourtant, ce qui a souvent prévalu dans le passé c’est une opposition entre les acteurs privés et publics. Et ces oppositions, ces manques de concertation entre tous les acteurs qui opèrent dans le secteur de la santé ont abouti en partie à ce qu’on pourrait appeler un marché défaillant, market failure, où les besoins de base de la population ne sont pas satisfaits.

C’est ce gap qui reste préoccupant que nous devons essayer de combler. En ce qui concerne ce gap, nous avons je crois tous une part de responsabilité et je pense que le temps est venu d’avoir un dialogue ouvert entre tous les partenaires et d’incorporer aussi le secteur privé dans la mise en œuvre de nos stratégies.

La vision qu’il faut avoir du secteur privé est celle qu’il est un partenaire de l’Etat dans la mise en œuvre de sa stratégie. Cette vision avait déjà été formalisée en 2002 dans le cadre du Vade mecum sur le partenariat de la santé. Et dans ce vade mecum il est effectivement bien stipulé que l’Etat a un rôle normatif, un rôle de régulateur et il doit être le garant de la qualité des soins tandis que l’opérateur privé est autonome mais doit exercer son art, son activité en respectant une série des règles. Donc l’étude qui va être menée est vraiment un premier pas d’ouverture du secteur public vers le secteur privé. Il ne s’agit pas, ici de remettre en cause toutes les reformes qui sont en cours mais il faut juste se dire qu’il y a des nouvelles attentes par rapport à cette démarche.

La première attente c’est d’essayer de comprendre à la fois comment est structuré le secteur privé et quelles sont les dynamiques au sein du secteur privé de la santé ;

Une autre attente de cette étude et de ce dialogue, c’est d’essayer de voir quel est le cadre de concertation qu’il faut créer entre les différents acteurs du secteur de la santé pour justement trouver des solutions et combler ce gap de besoins qui ne sont pas satisfaits.

Une des attentes aussi c’est de pouvoir évaluer la contribution du secteur de la santé à l’économie nationale afin de pouvoir stimuler ultérieurement les investissements dans le secteur privé de la santé.

Enfin, je crois qu’une autre des attentes c’est aussi de ne pas oublier la place que l’innovation doit occuper pour justement être en mesure d’offrir des soins de qualité à la population qui a un faible pouvoir d’achat. Le secteur privé a beaucoup de marge pour essayer justement stimuler cette innovation.

Nous espérons que cette étude va aboutir à des mesures concrètes qui pourront contribuer à renforcer les services de la santé d’une manière tout à fait générale. Je pense que si je devais reformuler le nom du Forum « l’évaluation du secteur privé de la santé » en fait on devrait peut-être parler d’évaluation du rôle des acteurs privés dans le secteur de la santé qui est commun à tous.

C’est donc sur ses mots que je déclare ouverte cette étude sur l’évaluation du secteur privé de la santé qui va nous s’étendre sur plusieurs mois.

Je vous remercie.

Le ministre Oly Ilunga Kalenga préside la table ronde santé à la 3ème édition du Makutano à Kinshasa

Le ministre Oly Ilunga Kalenga préside la table ronde santé à la 3ème édition du Makutano à Kinshasa

Kinshasa, 15 septembre 2017 (ACP).- Le ministre de la Santé, Oly Ilunga Kalenga, a présidé la table ronde santé de la troisième édition du Makutano qui se tenait vendredi à l’Hôtel sultani de Kinshasa. Cette table ronde santé de la troisième édition de Makutano visait à organiser tous les systèmes de santé en vue d’améliorer la couverture sanitaire universelle.

Au cours de cette table ronde, le ministre de la Santé, représentant le secteur public, a suggéré de mettre fin au cloisonnement entre les secteurs public et privé de la santé. Pour le ministre de la Santé, le secteur de la santé est multisectoriel et tous les acteurs qui ont un impact sur la santé de la population doivent travailler ensemble de manière concertée et créer un nouveau dynamisme dans le secteur. Avoir une ambition commune du public et du privé est la clé pour assurer la couverture sanitaire universelle de la population.

 « La barrière entre les secteurs public et privé est mentale et artificielle. L’essentiel c’est de garder à l’esprit que la priorité c’est de rendre service à la population et de garantir des soins de santé à tous », a-t-il dit.  Dans cette réunion, le ministre Oly Ilunga a souligné que le ministère a décidé de travailler avec l’alliance du secteur privé de la santé et de créer un cadre de concertation permanent pour avoir ensemble une vision commune de la couverture sanitaire universelle en vue de permettre à tous les Congolais d’avoir accès à des soins de santé de qualité et accessibles financièrement.

Pour le Dr. Sulu, président de Sulu Group, l’un des représentants du secteur privé, cette rencontre est fondamentale, c’est une nécessité absolue. Il a indiqué que le secteur peut être public ou privé, mais le malade reste neutre, il n’est ni privé ni public. C’est une personne qu’il faut soigner. Le problème, selon lui, est plus au niveau des ressources et de la réglementation. « Il faut bien se mettre ensemble, c.à.d. les opérateurs publics tant privés, car on a tous besoin du ministre de la Santé comme autorité hiérarchique et réglementaire. Nous avons voulu parlé des soins de santé et de la prise en charge de la personne humaine », a dit le Dr Sulu.

 

Des recommandations

Cette réunion a tourné autour de deux piliers, à savoir, le financement et le partenariat entre le secteur public et privé de la santé.  Pour le partenariat entre le privé et le public du secteur de la santé, il est ressorti cinq instruments comme recommandations, notamment la communication et la promotion, la gouvernance pour renforcer ce cadre, la question de renforcement de capacité pour une prestation de qualité et le cloisonnement du secteur (il faut des combinaisons, des mutuels et des alliances), ainsi que la création de l’alliance du secteur privé.

Tandis que du côté financement, il a été dit qu’il faut d’abord prendre conscience que la RDC est dans une situation de récessions et de rareté des ressources. On doit définir la manière de financer le secteur. Il a été recommandé pour le financement du secteur de la santé, l’industrialisation du secteur de la santé, le payement de l’assurance santé par les différents secteurs rémunérés par l’Etat, l’équité, la gestion d’efficience, d’éviter le gaspillage et de mobiliser une série des capitaux pour permettre aux entrepreneurs de continuer à produire. ACP/BUATA

Le ministre de la Santé évalue le partenariat entre le gouvernement congolais et le secteur privé de la santé

Le ministre de la Santé évalue le partenariat entre le gouvernement congolais et le secteur privé de la santé

Kinshasa, 14 septembre 2017 (ACP), Le ministre de la Santé, Oly Ilunga Kalenga, a, au cours d’une descente sur le terrain dans le cadre de l’évaluation du partenariat signé entre le gouvernement congolais et les formations sanitaires du secteur privé, visité le Centre de santé St Gabriel dans la commune de Lemba à Kinshasa.

Après avoir effectué le tour de cette structure sanitaire et discuté avec les différents membres de comité, le ministre de la Santé a trouvé que ce centre de santé était un modèle ‘’gagnant-gagnant’’ tant pour la population que pour les précepteurs de soins et pour le gouvernement. La volonté de bien faire et de se conformer aux serments d’Hippocrate est palpable et exceptionnellement louable. «  Il nous revient à présent d’être créatif, de créer les conditions qui permettront le grand essor au centre de santé St Gabriel pour en faire un jour un Hôpital de référence,  où l’on sent l’afflux de la population et on ne garde pas les gens en otages », a déclaré le ministre de la santé qui était accompagné des quelques membres de son cabinet, notamment le conseiller médical, le conseiller pour le suivi d’exécution des projets et le chargé d’études et des questions juridiques.

« Le ministre de la Santé est venu s’imprégné de la manière dont nous travaillons ensemble avec le gouvernement. Il nous a encouragé et il a félicité le travail que nous faisons dans notre centre. Nous espérons que nous allons obtenir le renouvellement de notre  convention avec le ministère de la santé qui est arrivé à termes, avoir un bâtiment qui soit dans les normes en vue d’améliorer une fois de plus les conditions de soins de nos malades parce que dans le temps nous étions un ‘’ centre de santé maison’’, mais aujourd’hui nous recevons pratiquement tout le monde. Nous voulons aussi que le ministre puisse donner un point de vue par rapport à la mécanisation de nos membres », a dit le médecin directeur du centre de santé St Gabriel de Lemba, Dr Espérance Fukiawu.

Elle a rappelé que le centre de santé St Gabriel est en partenariat avec le ministère de la Santé depuis le 12 août 2006 et a déjà bénéficié de plusieurs soutien du gouvernement, notamment l’exonération des factures d’eau et de l’électricité, les salaires et les primes de risques des agents, la formation continue des cadres de ce centre,  la supervision de la zone de santé et les équipements par le projet PESS. En contrepartie, l’Etat tire de cette structure l’amélioration de l’accessibilité financière de la population par la tarification préférentielle, l’amélioration des soins de santé, le tarif préférentiel des consultations et de la maternité, l’intégration de plusieurs interventions spécifiques de système de santé ainsi que la prise en charge des agents de l’Etat à un tarif exceptionnel.

Selon le Dr Espérance Fukiawu, quelques objectifs du centre de santé St Gabriel rejoignent ceux de la Convention qui vise l’amélioration de la qualité des soins tandis que l’objectif du centre de santé St Gabriel  est de soigner les démunis.

Ce centre de santé  a une capacité de 87 lits dont 80% de taux d’occupation, 32 médecins dont 13 permanent et deux spécialistes, 11 personnels administratifs et 59 infirmiers. Il organise multiples services, entre autres, la consultation générale et spécialisée, la maternité et la pédiatrie, la chirurgie et l’orthopédie, la radiologie, le laboratoire et l’échographie Doppler. ACP/BUATA