Category: Discours

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga à l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre la tuberculose

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga à l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre la tuberculose

Distinguée Première Dame ;

Honorable Président du Sénat ;

Honorable Président de l’Assemblée Nationale ;

Mesdames et Messieurs, les membres du Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,

Mesdames et Messieurs les Représentants du système des Nations Unies, Partenaires bi et multilatéraux ;

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs ;

La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, célébrée le 24 mars de chaque année, est l’occasion de rappeler que la tuberculose est un problème de santé publique dans le monde et notre pays, la République Démocratique du Congo, n’y échappe pas.

La tuberculose est la maladie infectieuse la plus mortelle qui touche plus de 10 millions de personnes dans le monde. Cette journée est donc également l’occasion de sensibiliser les gens et mobiliser l’engagement politique et social pour mettre fin à la tuberculose.

Cette maladie qui affecte aujourd’hui toutes les couches sociales de la population, s’accompagne également d’un lourd fardeau humain, social et économique qui ralentit notre avancée vers l’émergence telle que prônée par le Président de la République, Son Excellence Joseph Kabila Kabange, qui a dit, je cite : « Pour le développement du Congo, personne n’est de trop. Le pays a donc besoin de l’énergie de toutes ses filles et de tous ses fils ».

 

Distingués invités,

Le thème international de cette année est « Avis de recherche : Chefs de file pour un monde exempt de tuberculose ».  Ce thème nous rappelle que nous devons tous être acteurs dans la promotion de la santé et que nous avons un rôle à jouer dans la lutte contre la tuberculose. Tout citoyen congolais, où qu’il soit, peut devenir ce chef de file, ce leader, qui assure que son foyer, sa famille et son quartier soient libérés de la tuberculose.

En ce mois de mars dédié à la femme, je rends plus particulièrement hommage aux femmes congolaises, et leur ambassadrice qui est la Distinguée Première Dame.

Guidées par leur instinct maternel, nos chères mamans congolaises jouent déjà ce rôle de chef de file dans nos communautés. Piliers de la société, elles veillent constamment au bien-être et à la santé de leur famille. Leur engagement est indispensable pour éliminer cette endémie de nos vies.

 

Distingués invités,

Notre pays était présent à la réunion de Moscou en novembre 2017 qui a abouti à la signature de la Déclaration de Moscou pour mettre fin à la tuberculose. Elle sera suivie en septembre 2018 de la première réunion de haut niveau de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur la tuberculose où l’ensemble des Chefs d’Etats s’engageront à mobiliser plus de ressources pour éliminer la tuberculose dans le monde.

Pour faire face à ses engagements, le Ministère de la Santé a créé il y a quelques années Programme National de Lutte contre la Tuberculose dont la mission est d’éliminer la tuberculose comme problème de santé publique.

Ces objectifs sont d’offrir un diagnostic précoce et un traitement et efficace contre la maladie. L’unité fonctionnelle du Programme National de Lutte contre la Tuberculose sont en fait des centres de santé de diagnostic et de traitement. Le pays dispose actuellement de plus de 1.800 centres de santé de diagnostic et de traitement, et de 5.000 centres de santé pour le traitement de la tuberculose.

Notre principal défi reste d’augmenter le dépistage de tous les cas. Pour cela, la population doit changer de comportement. En cas de toux, je vous exhorte donc à consulter le centre de santé le plus proche de votre domicile. Notre rôle en tant que Gouvernement est d’augmenter la couverture du pays en nombre de centres de santé de qualité.

L’extension de la lutte contre la tuberculose requiert un accroissement du financement du secteur de la santé. Cela n’est possible qu’en augmentant les ressources domestiques et en utilisant de façon plus efficiente les ressources extérieures.

La lutte contre la tuberculose ne doit pas être le seul combat du Ministère de la Santé. Le succès dans la lutte n’est possible qu’avec les apports d’autres secteurs tels que les ministères du Plan, Budget, Finances, Affaires Sociales, Travail et Prévoyance Sociale. Nous devrons donc mettre en place un cadre de concertation multisectoriel capable de concevoir une riposte holistique.

 

Distingués invités,

En ce jour du 24 mars 2018 où nous célébrons la journée mondiale de lutte contre la tuberculose, je rends hommage à la première Dame de la RDC.

Distinguée Première Dame, votre présence en ces lieux témoigne de votre engagement dans la promotion de la santé, dans la lutte contre la maladie en générale et la tuberculose en particulier.

Le Ministère de la Santé Publique de la RDC en mon nom vous remercie vivement de votre présence.

Avec le financement du gouvernement de la RDC et l’appui des partenaires, le Ministère de la Santé a acquis des kits d’engagement qui comprennent 4 cliniques mobiles et 30 Jeep Land Cruiser pour améliorer la détection de cas sur l’ensemble du pays.

Chaque clinique mobile comprend un groupe électrogène, un laboratoire, et une salle de radiologie avec un équipement numérique de dernière génération permettant de transmettre les images par télémédecine.

 

Distinguée Première Dame,

Je vous invite à remettre solennellement ces kits d’engagement témoins de l’appropriation et de l’implication du Couple Présidentiel dans la lutte contre la tuberculose.

Pour terminer, je tiens à rappeler que la santé est avant tout une question d’état d’esprit et de comportement. Ayons une vie et une alimentation saine. En cas de toux qui traîne, je vous exhorte à consulter le centre de santé le plus proche. La meilleure façon de lutter contre cette maladie c’est de la traiter le plus rapidement possible. La tuberculose est guérissable. Les médicaments efficaces existent et sont gratuits dans tous les centres de santé de dépistage de la République Démocratique du Congo.

Encore une fois, j’invite toute la nation congolaise à s’approprier la lutte contre la tuberculose et à être des leaders dans la riposte contre les épidémies, la promotion de la santé et le développement humain.

Que vive la République Démocratique du Congo,

J’ai dit et je vous remercie.

Conférence Internationale – Afrique contre le cancer: Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga

Conférence Internationale – Afrique contre le cancer: Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga

Madame la Présidente de la Fondation Bomoko,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs,

Chaque année, nous nous réunissons le 4 février pour célébrer la Journée mondiale de lutte contre le cancer. Longtemps ignoré en Afrique au profit des maladies transmissibles tels que le VIH et la malaria, le cancer est devenu un risque de santé publique majeur chez nous, emportant des milliers de vies.

Cette journée mondiale nous rappelle chaque année que nous devons renforcer notre action aussi bien au niveau des institutions publiques que privées pour lutter efficacement contre cette maladie qui ne cesse de prendre de l’ampleur tant en incidence qu’en terme de mortalité.

Un grand chemin reste encore à parcourir pour donner accès à tous les Congolais aux moyens diagnostics et thérapeutiques modernes. Toutefois, les moyens nécessaires pour vaincre ce fléau vont au-delà de l’action du Ministère de la Santé. Il requiert l’implication de tous : chercheurs, praticiens, associations, société civile et secteur privé. Tous ces acteurs qui sont impliqués dans la lutte contre le cancer doivent conjuguer leurs efforts autour d’un objectif commun : la santé, le bien-être et la dignité de la population congolaise.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

La plus grande richesse d’une Nation, c’est son capital humain. Et la santé est le bien le plus précieux de chaque humain. La santé est un droit fondamental reconnu par notre Constitution. C’est celui qui nous permet de jouir de tous les autres droits et d’avoir une vie digne. Notre rôle, en tant que Gouvernement, est de protéger la population et de développer ce capital humain. Or, le cancer est un fardeau qui constitue une véritable menace pour le développement humain et économique de notre pays.

Il faut savoir que cancer n’est pas une fatalité. Diagnostiqué et pris en charge rapidement, il est possible de guérir du cancer. Ainsi, la meilleure protection contre le cancer est la prévention, la sensibilisation et le dépistage précoce. Une personne atteinte d’un cancer en Afrique est 3 fois plus susceptible de mourir qu’une personne atteinte du même cancer aux États-Unis ou en Europe du fait d’un diagnostic tardif.

Donc il n’y a pas que les médecins qui sauvent des vies. Tous les volontaires qui donnent de leur temps et partagent leur expertise pour informer la population sont également des héros de la santé et leurs actions maximisent de façon significative les chances de guérison des personnes malades. C’est pour cela que je tiens à féliciter la Fondation Bomoko et tous ses volontaires pour tout le travail qu’ils ont abattu depuis leurs récents débuts. Vous ne vous en rendez peut-être pas toujours compte mais en sensibilisant la population, en les dirigeant vers les institutions compétentes et en rendant les frais de prise en charge plus accessibles, vous sauvez des vies et vous contribuez au développement humain de notre pays.

Avec la main sur le cœur, vous n’avez pas attendu que les circonstances soient idéales pour agir. Guidés par l’idéal de la jeunesse, vous avez identifié une opportunité pour rendre ce pays meilleur et vous l’avez saisi brillamment.

Et, avec cette première « Conférence Internationale : Afrique Contre le Cancer », vous mettez en lumière le combat que la RDC mène contre ce tueur silencieux et que nous continuerons à mener tous ensemble.

Je vous remercie.

Message de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au point presse sur la situation du choléra à Kinshasa

Message de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au point presse sur la situation du choléra à Kinshasa

Chers professionnels des médias de Kinshasa,

Comme vous le savez, la République Démocratique du Congo fait actuellement face à une flambée de choléra depuis quelques mois. De manière générale, la situation globale du choléra dans l’ensemble du pays est à la baisse depuis 4 semaines consécutives. A la semaine 50, allant du 11 au 17 décembre 2017, 939 cas de choléra et 16 décès ont été rapportés dans 60 zones de santé et 14 provinces de la RDC.

Il reste, cependant, 5 provinces du pays où la tendance est plutôt à la hausse. Il s’agit des provinces du Sud-Kivu, du Kasaï, du Kongo Central, du Lualaba et de la province de Kinshasa. La ville province de Kinshasa a enregistré, depuis le 25 novembre 2017, 123 cas et 10 décès. Le premier cas de cette épidémie a été signalé dans l’aire de santé Lonzo au quartier Camp Luka dans la zone de santé de Binza-Météo, par le décès d’un homme d’une trentaine d’années décédé le 27 novembre 2017. D’après nos investigations, cet homme a séjourné à Kimpese dans le Kongo-Central avant de se rendre à Kinshasa. L’alerte a été donnée et la Division provinciale de la Santé a aussitôt lancé la riposte.

Ce n’est pas la première fois que la province de Kinshasa est confrontée à une épidémie de choléra et nos équipes de la division provinciale ici présentes sont équipées pour mener à bien la riposte contre cette maladie. Kinshasa a connu une épidémie de choléra de 2011 à 2013 et a enregistré quelques cas en 2016 et 2017.

Nous insistons sur le fait que Kinshasa n’est pas une zone endémique de choléra. Et tous les cas de choléra que la province de Kinshasa a connus proviennent toujours de cas importés.

Le combat contre le choléra est la responsabilité de tous. Nous devons tous nous impliquer pour protéger nos communautés et nos proches. Vous, les médias, êtes nos premiers partenaires pour la sensibilisation de la population. C’est pour cela que nous avons fait appel à vous et invité à ce point presse aujourd’hui.

Nous comptons sur votre aide pour convaincre la population à respecter les mesures d’hygiène de base, notamment :

  • Boire de l’eau propre, bouillie ou traitée avec du chlore ;
  • Bien laver les fruits et légumes avec de l’eau propre ;
  • Bien cuire les aliments et les manger chauds ;
  • Se laver correctement les mains avec de l’eau propre et du savon ou de la cendre avant de préparer les aliments, avant de manger, avant d’allaiter et après avoir changé 
les couches d’un bébé, et après avoir été aux toilettes ;
  • En cas de diarrhée aqueuse et aigue avec ou sans vomissement, entrainant une perte de liquides, amener le plus rapidement le malade
au centre de santé le plus proche et lavez vous les mains après l’avoir touché ;
  • Utiliser des latrines propres, et ne pas déféquer à l’air libre.

Je vous remercie

Dr Oly Ilunga Kalenga

 

 

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au VIe congrès de l’AFMED

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au VIe congrès de l’AFMED

Crédits: Habari RDC

 

Honorable Président de l’Assemblée nationale, ici représenté,

Monsieur le Gouverneur, ici représenté,

Monsieur le Commissaire Général Adjoint de la Police nationale congolaise,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Distingués invités en vos titres, grades et qualités respectifs,

C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole à ce rendez-vous qui est désormais devenu incontournable. Effectivement chaque année au mois de novembre on a tous cette envie, cette aspiration de se retrouver ici à Kinshasa au congrès de l’AFMED.

Je tiens avant tout à féliciter les organisateurs et le bureau de l’AFMED pour cette initiative. Je veux surtout les féliciter pour les sentiments qui les animent. Premièrement pour ce sentiment, ce souci de partager le savoir et les expériences. Deuxièmement, pour un autre élément qui est aussi important : le souci de reconnaissance vis-à-vis de l’alma Mater qui est d’ailleurs l’un des Dix Commandements (honorer son père et sa mère). Je veux également féliciter tous les membres de l’AFMED et vous remercier chers invités pour votre présence qui vient rehausser cette sixième édition du Congrès de l’AFMED.

Le thème choisi cette année, qui est la médecine d’ici et d’ailleurs, est un thème qui raisonne très fort en moi parce qu’il fait référence à un concept que j’aime bien : le concept de contemporanéité. Selon ce concept, qu’on soit ici ou ailleurs, on est tous dans le troisième millénaire. Et le thème que vous avez choisi témoigne bien votre aspiration très forte de se dire qu’en 2017, même en République Démocratique du Congo on doit faire une médecine du troisième millénaire à laquelle tous les Congolais, tous les citoyens doivent avoir accès.

De plus, j’aimerai aussi vous féliciter d’avoir organiser un tel congrès car vous aidez la communauté scientifique et médicale congolaise à sortir d’un certain isolement. En effet, Pendant des années, notre communauté scientifique a beaucoup souffert d’un isolement aussi bien physique, technologique que scientifique.

Au niveau physique, nos scientifiques sont isolés à cause des difficultés pour voyager qui les empêchent parfois d’assister à des congrès internationaux. Au niveau technologique, nos étudiants sont isolés car nous n’avons ni les moyens, ni la technologie et outils didactiques pour leur enseigner la médecine du troisième millénaire. Enfin, l’isolement scientifique est lié au fait que nos étudiants et médecins n’ont pas accès à toute la littérature scientifique existante, ce qui les isole de la communauté scientifique internationale.

Je suis ministre de la santé depuis décembre 2016 et il est vrai que, lorsque j’avais été nommé par le Chef de l’Etat, mon ambition était de faire de la République Démocratique du Congo un hub santé, une destination santé en Afrique tout comme l’Inde l’est devenu.

Il faut savoir que nous avons tout pour réaliser le miracle indien. Il y a 15 ans personne n’aurait imaginé aller se faire soigner en Inde. On savait qu’il y avait de bons médecins indiens à travers le monde mais c’est tout ce qu’on savait. Il a effectivement fallu une politique volontariste de l’Inde pour arriver aux résultats qu’on connait aujourd’hui.

Ce résultat est également possible en RDC parce que, comme tout le monde le sait, nous avons d’éminents et brillants médecins congolais à travers le monde. Et, si nous créons les bonnes conditions, toutes ces éminences seront à mesure de faire de la RDC une destination santé de niveau international pour toute l’Afrique et même le reste du monde.

Lorsque je suis arrivé ici, j’étais très heureux de constater qu’il existait déjà en RDC un Plan national de Développement sanitaire (PNDS). On est déjà à la deuxième version de ce plan national dont le but ultime est d’arriver à une couverture sanitaire universelle pour tous les congolais d’ici 2030. Donc quand les autres intervenants ont parlé de fous qui rêvent, en fait non vous n’êtes des fous. Transformer le secteur de la santé en RDC est une aspiration que nous avons tous ici.

La question maintenant est donc de savoir qu’est-ce qui nous manque pour progresser et évoluer vers cette médecine du troisième millénaire vu qu’on a un plan de développement stratégique, des expertises et des médecins brillants à travers le monde. Quand on écoute la présentation de la petite Crystal, c’est vrai que la situation est très préoccupante. Aujourd’hui, beaucoup de gens interpellent le Représentant du Président de l’Assemblée nationale qui est avec nous en disant que c’est lui qui a le pouvoir de changer la situation.

Or, j’aimerais vous dire que la création de la couverture sanitaire universelle n’est pas l’œuvre que d’un seul groupe d’individus. Beaucoup de personnes doivent s’impliquer et agir pour arriver à atteindre ce noble objectif. Votre dynamique de l’AFMED représente déjà la réponse à ma question car, en organisant ce congrès, vous avez décidé d’être acteurs du changement et non pas simples spectateurs.

Par conséquent, pour arriver à cette couverture sanitaire universelle, nous devons tous changer notre attitude et nous comporter comme des vrais acteurs du changement. Cela veut dire que la communauté médicale doit accepter qu’elle est une des premières entités responsables de la qualité des soins offerts. Ainsi, en tant que médecin, nous devons toujours nous positionner comme co-auteurs de la médecine qu’on offre à nos concitoyens.

 

Les piliers de la transformation du secteur de la santé

C’est par ces mots que j’aimerais partager avec vous deux, trois réflexions sur ce qui devrait, à mon sens, changer dans notre approche collective aux problèmes de santé en RDC.

  1. L’éthique en médecine

Le premier élément, qui est aussi le plus important selon moi, c’est la dimension d’éthique, de redevabilité et de transparence.

On dit souvent que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Il n’y a pas plus vrai qu’en médecine. Je crois que si nous voulons avoir une médecine de qualité, il est important d’incorporer cette dynamique de redevabilité, cette conscience professionnelle. Je me souviens, à la fin de mes études de médecine, on se demandait avec mes amis qu’est-ce qui fait un bon médecin. Est-ce le médecin brillant qui a toujours fait de grandes distinctions ? Ou bien est-ce un médecin qui produit énormément au niveau de la recherche scientifique ?

Après mûre réflexion, on est arrivé à la conclusion qu’un bon médecin c’est avant tout un médecin consciencieux. En tant que médecin, c’est impossible de tout savoir mais vous serez de bons médecins lorsque vous aurez conscience de vos limites ; vous aurez conscience du moment où il faut passer la main à vos collègues ; vous serez conscients du fait qu’on ne peut pas quitter un malade sans avoir résolu son problème. C’est cela l’éthique et la redevabilité.

 

  1. La gestion de l’information médicale

On dit souvent que la médecine c’est un art. En effet, c’est l’art de gérer l’information médicale, c’est l’art de traduire les plaintes d’un patient en une information qui permet d’orienter la décision du médecin.

Ce deuxième pilier de la gestion de l’information médicale est donc un élément fondamental dans la pratique médicale. Lorsque j’ai visité la plupart d’hôpitaux de notre pays, j’ai déploré le fait que très peu d’hôpitaux n’ont mis en place un système de dossier médical. Lorsqu’on parle d’informations médicales, beaucoup pensent directement aux statistiques médicales. Or, la première information médicale de base c’est le dossier médical. Combien d’institutions médicales dans notre pays ont des dossiers médicaux correctement tenus ?

Il faut savoir que sans dossier médical, il n’y a pas de continuité des soins. Sans dossier médical on ne sait pas apprendre la médecine. Et sans dossier médical on ne sait pas faire de la recherche scientifique non plus.

 

  1. La santé comme un secteur porteur de l’économie congolaise

Le troisième élément sur lequel j’aimerais insister est le fait qu’on oublie souvent que la santé est aussi un secteur porteur de l’économie. Cela ne veut pas dire que la médecine, la santé est un business. Ça ne peut pas l’être. Par contre, ce que je veux dire c’est que la santé est un secteur de l’économie dans la mesure où on y échange énormément de biens et de services. C’est une économie des services dans laquelle on essaye de rendre des services. Et pour rendre service on a besoin d’une multitude de moyens, de ressources et d’intrants pour que les experts puissent exercer leur art au chevet du malade.

Donc, il faut aussi se dire qu’il y a toujours une dimension économique dans la médecine. J’insiste sur cette dimension économique parce que, trop souvent, on oppose l’approche santé publique qui est une approche avec de la planification à grande échelle et l’approche des cliniciens qui eux insistent sur leur contribution diagnostiques au chevet du malade.

L’approche de l’économie de la santé permet de concilier les deux approches en se disant que, dans tous les cas de figures, la clé est de bien utiliser les ressources dont on dispose pour pouvoir soigner au mieux le patient.

Un autre aspect de cette dimension économique qui revient souvent est celle des moyens dont le secteur de la santé dispose en RDC. Il est vrai que dans les frais de fonctionnement du système de santé congolais, 40% viennent de la poche des Congolais, 40% viennent de l’aide internationale, et la contribution du gouvernement est de 5 à 6%.

C’est vrai que la contribution du gouvernement est largement insuffisante par rapport aux besoins de la population. Mais, même la contribution internationale, qui permet d’avancer un peu plus, est extrêmement marginale. Donc, en fait, à l’heure actuelle, les contributions de tout le monde sont bien en deçà de ce dont la population a besoin.

Pour vous donner un ordre de grandeur, il faudrait environ 50 dollars par habitant par an pour avoir des soins de santé de qualité en RDC. Vu qu’on est environ 80 millions d’habitants, cela voudrait dire qu’il nous faudrait, juste pour la santé, un budget annuel de 4 milliards de dollars pour pouvoir offrir une médecine digne de ce nom.

Aujourd’hui, le budget annuel de l’Etat congolais est aux alentours de 7 milliards USD et la santé représente 6 à 7 % de ce budget total. Ainsi, pour avoir 4 milliards USD à disposition du système de santé, il faudrait que le budget de l’Etat annuel atteigne 60 à 70 milliards USD. Ainsi, le vrai challenge aujourd’hui c’est d’augmenter cette assiette globale, c’est le développement de la Nation afin d’arriver à une nation émergeante avec un budget de l’état de l’ordre de 80 à 100 milliards USD. C’est tout à fait faisable et c’est ça qui doit être notre objectif car c’est ce qui nous permettra d’arriver à une couverture sanitaire universelle.

 

Que faire pour sortir de cette impasse ?

En tant que médecins, nous savons tous que nous devons faire un bon diagnostic pour pouvoir traiter correctement les patients. Or, notre marché de la santé a un problème car les besoins des patients ne sont pas satisfaits par l’offre qui leur est faite actuellement. On peut alors dire que notre système de santé tel qu’il est aujourd’hui est dans une situation de « market failure », où l’offre ne correspond pas aux besoins.

Il existe plusieurs axes pour sortir de cette impasse.

  1. Adopter des normes règlementaires

Du côté règlementaire, on pense tout de suite que le gouvernement doit prendre toute une série de normes et de règles pour améliorer la situation. C’est important mais ce n’est pas suffisant. L’une de mes premières décisions en tant que Ministre de la Santé était de créer une Inspection générale de la santé pour pouvoir inspecter le respect des normes. Très rapidement, on s’est rendu compte des limites de cette approche qui repose uniquement sur les normes et l’inspection car on ne peut pas mettre un inspecteur ou un agent de police derrière chaque personne.

 

  1. Intégrer le secteur privé

Si l’on veut aller plus loin, il faut intégrer le secteur privé, les associations professionnelles dans la discussion, en plus du volet normatif. Le secteur privé, les associations professionnelles, l’Ordre des Médecins ont tous un rôle à jouer.

Prenons l’exemple des universités. Il existe une pléthore d’universités et il faudrait prendre des mesures draconiennes pour fermer toutes les facultés de médecine qui ne sont pas viables. D’un autre côté, le secteur privé et les associations professionnelles ont une marge de manœuvre et peuvent prendre des mesures pour limiter l’accès aux numéros d’ordre des médecins. Ce n’est pas parce que quelqu’un a un diplôme de médecine qu’il a automatiquement accès au numéro d’ordre.

Donc, tout le monde a sa part de responsabilité pour essayer de changer l’environnement dans lequel nous travaillons.

 

  1. Réguler par la certification

La régulation du secteur de la santé ne se fait pas seulement par l’adoption de normes par un inspecteur. La régulation se fait aussi lorsqu’on donne une information correcte au patient. Si on peut indiquer aux patients les endroits où on fait de la bonne médecine, alors les patients se rendront automatiquement dans ces endroits-là. C’est le principe de la certification. Les associations professionnelles peuvent également mettre en place un système de label de qualité qui permettrait d’identifier les hôpitaux et centres de santé qui pratiquent la bonne médecine. Ce label pourrait également être appliqué aux pharmacies. Au-delà des normes et lois adoptées par le Ministère de la Santé, tous ces éléments contribuent à la régulation du système de santé.

 

  1. Collaborer avec les opérateurs économiques et financiers

Pour améliorer le marché de la santé, il faut améliorer l’accès au financement pour les acteurs de la santé. Pour l’instant, le secteur de la santé de manière générale n’a pas assez accès au financement disponible.

Quelqu’un qui veut racheter une entreprise de ciment trouvera à la Banque mondiale de l’argent pour financer son rachat. Mais aujourd’hui si un prestataire congolais, un groupe de médecins congolais, un groupe de jeunes Congolais veulent ouvrir une polyclinique, ces jeunes-là n’ont personne pour financer ce projet. Donc ça veut dire aussi que pour changer l’environnement, on doit aussi s’adresser aux opérateurs économiques, aux banques, aux financiers, qui doivent changer leur approche.

Il est vrai que jusqu’à présent ils ont peur du secteur de la santé qu’ils ne connaissent pas. Il y a un gap d’information mais on doit essayer de combler ce gap et essayer d’arriver à créer un environnement dans lequel ils peuvent avoir confiance et oser prêter au secteur de la santé.

Dans cet esprit, le Ministère de la Santé a organisé avec la Banque mondiale, la Société financière internationale (SFI/IFC), la Fondation Bill & Melinda Gates et la coopération américaine, une table ronde sur l’évaluation du secteur privé de la santé pour justement essayer d’identifier les éléments qu’il faut réunir pour que le secteur bancaire puisse prêter aux prestataires congolais.

On se retourne souvent vers l’Etat en disant que l’Etat doit financer tous ces projets mais dans la plupart des pays du monde, même lorsque l’Etat finance en fait l’Etat se retourne vers une banque. Et cette banque qui préfinance l’Etat sert de garantie. Donc pour changer l’environnement médical dans lequel on se trouve, nous devons faire la démarche d’aller vers les acteurs financiers pour qu’ils soient prêts à accorder leur confiance au secteur de la santé.

 

  1. Créer une politique industrielle pour le secteur de la santé

Le dernier volet sur lequel j’allais insister c’est sur le volet industriel. Si nous voulons faire du Congo un pôle de développement, un pôle économique où l’industrie médico-pharmaceutique se développe, il faut aussi adopter des lois qui favorisent la production locale. Il y a des entreprises pharmaceutiques locales et il faut les soutenir.

C’est ce que l’Inde a fait et il y a même une forme de protectionnisme. Lorsque vous allez en Inde, vous pouvez acheter un scanner pour peut-être 200.000 USD si le scanner reste en Inde. Mais si le scanner est exporté vers un autre pays, le scanner coute alors dans les 400.000, voire 500.000 USD. Donc il y a toute une politique industrielle qu’il faudra aussi créer si nous voulons vraiment avoir un secteur de la santé qui est extrêmement florissant.

 

Conclusion : Sortons de la logique humanitaire et devenons de vrais acteurs économiques

Donc aujourd’hui on parlait de médecine d’ici et d’ailleurs. Comment s’assurer qu’en République Démocratique du Congo nous ferons une médecine du troisième millénaire ? Je voulais terminer mon exposé en disant qu’on doit tous sortir de cette logique humanitaire.

Souvent lorsqu’on parle de la santé, on reste dans cette logique humanitaire. Nous-mêmes médecins, soignants, infirmiers, lorsqu’on a choisi de faire ce métier, on pensait soigner la veuve et l’orphelin. Mais il faut savoir aussi que même un hôpital reste une entreprise, une entreprise de services. Quel que soit votre bonne volonté et votre vocation de départ, si votre hôpital n’est pas géré comme une entreprise, il ne pourra pas soigner la veuve et l’orphelin car il ne sera pas viable.

Au niveau de la société aussi on doit arrêter de se dire que l’infirmier, le médecin qui me soigne eux ils ont la vocation. Non, si vous ne payez pas correctement le médecin qui vous soigne, il ne vous soignera pas correctement. Si les médecins et infirmiers n’ont pas des salaires décents, on n’aura pas de médecine décente. Si un infirmier gagne 20.000 francs congolais, vous aurez une médecine qui vaut 20.000 francs congolais. Donc si on veut avoir une médecine de qualité, il faudrait aussi que la société et le pouvoir public comprennent qu’il faut payer correctement les professionnels de la santé.

De plus, on se repose trop souvent sur les partenaires lorsqu’il y a un problème. Mais il faut également se dire qu’on n’aura jamais une médecine durable, un développement du secteur de la santé si l’on continue à nous reposer sur cette logique de l’aide venant des ONG.

La santé c’est un secteur de l’économie et nous devons tous entrer dans cette dynamique économique. Une économie de services n’est pas un simple business. Nous sommes là pour rendre une série des services. Pour que cette économie de services puisse fonctionner il faut que tout le monde fasse sa part. Le pouvoir public doit adopter une bonne régulation et les prestataires doivent se forcer à offrir des soins de qualité. Il faudra aussi travailler sur le pouvoir d’achat de la population pour qu’elle puisse s’offrir ces soins de santé de qualité.

La couverture sanitaire universelle est notre idéal à tous mais pour y arriver nous avons aussi besoin d’une certaine expertise technique. Je crois qu’il y aura des experts du ministère de la santé qui vous présenteront la stratégie du financement du secteur de la santé. Ce sera l’occasion pour chacun d’entre nous, pour l’AFMED et toutes les autres associations professionnelles de réfléchir à comment nous pouvons nous inscrire comme co-auteurs, comme des personnes qui contribuent à écrire une nouvelle page de l’histoire médicale de notre pays. Il est temps que nous nous positionnions tous en acteurs plutôt que spectateurs.

J’aimerais clôturer mon mot sur un dernier point qui est un tout petit peu anecdotique par rapport au thème de la médecine d’ici et d’ailleurs. Ce n’est pas une affirmation mais plutôt un questionnement que je lance à tous les intellectuels qui sont dans la salle. A l’heure actuelle, lorsqu’on parle de médecine du troisième millénaire, il y a une tendance dans la plupart des pays étrangers à mettre en avant les médecines alternatives ou parallèles. Il faut savoir que le National Institute of Health (NIH) aux Etats-Unis a voté un budget de plus de 30 millions USD pour que les universités fassent de la recherche aussi dans tout ce qui est médecine alternative, ou médecine collaborative comme ils l’appellent.

Donc la question que je pose aussi aux éminents intellectuels, aux éminents collègues de la faculté de médecine c’est : quelle est la place qu’on laissera aussi à notre médecine traditionnelle dans cette médecine du troisième millénaire ? Dans ce troisième millénaire et cette ère de la technologie, quelle sera la contribution de notre nation à cette nouvelle approche de la médecine alternative qui intègre les différentes dimensions de la médecine ?

 

Voilà les quelques réflexions et pistes de solutions que j’ai voulu échanger avec vous à l’aube de ce congrès.

Je vous souhaite un excellent congrès, rempli d’échanges. Et j’espère que vous repartirez enrichis par les rencontres et par votre séjour parmi nous.

Je vous remercie pour votre attention.

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga pour la Table Ronde de lancement de l’Évaluation du Secteur Privé de la Santé en RDC

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga pour la Table Ronde de lancement de l’Évaluation du Secteur Privé de la Santé en RDC

Monsieur le conseiller à la primature en charge de la santé,

Monsieur le Secrétaire Général à la santé,

Monsieur l’Inspecteur Général à la santé ici représenté,

Monsieur   le Directeur pays de la Banque mondiale,

Mesdames et Messieurs les délégués du système des Nations Unis, partenaires de la coopération Bi et Multilatéral du Ministère de la santé,

Mesdames et Messieurs les Directeurs centraux et des programmes spécialisés du Ministère de la santé,

Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invites en vos titres et qualités respectifs,

 

C’est un réel plaisir pour moi de vous souhaiter la bienvenue à cette rencontre inédite avec le secteur privé de la santé en République Démocratique du Congo. Je tiens avant tout à remercier la Banque Mondiale d’avoir permis la réalisation de ce projet en un temps record et d’avoir aussi amené l’ IFC, USAID et la Fondation BILL et MELINDA GATES à participer et soutenir à cette étude et ce projet.

Je tiens aussi à remercier tous les membres du cabinet qui travaille sur ce projet depuis le premier jour de mon entrée en fonction. Lorsque le chef de l’Etat m’a confié la mission du ministère de la santé, mon objectif principal était effectivement la mise en œuvre du programme national de développement sanitaire et conduire le pays à la couverture sanitaire universelle en 2030.

Pour accélérer la mise en œuvre du PNDS et le rendre aussi soutenable j’avais identifié trois piliers qu’il était important de renforcer :

  • Le premier pilier était l’éthique et la rédévabilité dans le système ;
  • Le deuxième pilier était la question du management de l’information sanitaire pour basculer dans un environnement où la prise de décision et le management sont basés sur des évidences ;
  • Et le troisième pilier était le renforcement du secteur privé.

L’ambition pour ne pas vous cacher était effectivement, à l’instar de l’Inde, d’imaginer un jour dans un horizon 2030 d’avoir une République Démocratique du Congo qui est un véritable hub santé en Afrique avec une industrie médico-sanitaire, médico-pharmaceutique florissante.

Cette ambition était partagée avec les représentants de la Banque Mondiale et après plusieurs discussions nous sommes arrivés à la conclusion très simple que même un voyage de plus de 1000 miles commence par le premier pas. Et le premier pas que nous avions convenu était de commencer par cette étude, cette évaluation du secteur privé de la santé.

La firme Abt Associates a été retenue pour nous réaliser ce projet et, avant de leur céder la parole pour leur permettre de nous présenter la méthodologie d’évaluation et aussi avant d’écouter les contributions de tous les participants autour de la table, je voudrais juste partager avec vous la perspective que j’ai par rapport à cette problématique.

Nous ne devrons pas perdre de vue que l’objectif effectivement c’est la couverture sanitaire universelle et même cet objectif ne peut être soutenable et un succès que s’il s’inscrit dans une logique économique. La santé n’est pas un bien échangeable, mais pour parvenir a la santé il y a des biens et services de soins de santé qui eux sont échangeables et qui eux obéissent aussi à des règles économiques.

La santé est aussi un véritable secteur de l’économie nationale avec des acteurs privés, des acteurs publics, des acteurs de tout genre. Pourtant, ce qui a souvent prévalu dans le passé c’est une opposition entre les acteurs privés et publics. Et ces oppositions, ces manques de concertation entre tous les acteurs qui opèrent dans le secteur de la santé ont abouti en partie à ce qu’on pourrait appeler un marché défaillant, market failure, où les besoins de base de la population ne sont pas satisfaits.

C’est ce gap qui reste préoccupant que nous devons essayer de combler. En ce qui concerne ce gap, nous avons je crois tous une part de responsabilité et je pense que le temps est venu d’avoir un dialogue ouvert entre tous les partenaires et d’incorporer aussi le secteur privé dans la mise en œuvre de nos stratégies.

La vision qu’il faut avoir du secteur privé est celle qu’il est un partenaire de l’Etat dans la mise en œuvre de sa stratégie. Cette vision avait déjà été formalisée en 2002 dans le cadre du Vade mecum sur le partenariat de la santé. Et dans ce vade mecum il est effectivement bien stipulé que l’Etat a un rôle normatif, un rôle de régulateur et il doit être le garant de la qualité des soins tandis que l’opérateur privé est autonome mais doit exercer son art, son activité en respectant une série des règles. Donc l’étude qui va être menée est vraiment un premier pas d’ouverture du secteur public vers le secteur privé. Il ne s’agit pas, ici de remettre en cause toutes les reformes qui sont en cours mais il faut juste se dire qu’il y a des nouvelles attentes par rapport à cette démarche.

La première attente c’est d’essayer de comprendre à la fois comment est structuré le secteur privé et quelles sont les dynamiques au sein du secteur privé de la santé ;

Une autre attente de cette étude et de ce dialogue, c’est d’essayer de voir quel est le cadre de concertation qu’il faut créer entre les différents acteurs du secteur de la santé pour justement trouver des solutions et combler ce gap de besoins qui ne sont pas satisfaits.

Une des attentes aussi c’est de pouvoir évaluer la contribution du secteur de la santé à l’économie nationale afin de pouvoir stimuler ultérieurement les investissements dans le secteur privé de la santé.

Enfin, je crois qu’une autre des attentes c’est aussi de ne pas oublier la place que l’innovation doit occuper pour justement être en mesure d’offrir des soins de qualité à la population qui a un faible pouvoir d’achat. Le secteur privé a beaucoup de marge pour essayer justement stimuler cette innovation.

Nous espérons que cette étude va aboutir à des mesures concrètes qui pourront contribuer à renforcer les services de la santé d’une manière tout à fait générale. Je pense que si je devais reformuler le nom du Forum « l’évaluation du secteur privé de la santé » en fait on devrait peut-être parler d’évaluation du rôle des acteurs privés dans le secteur de la santé qui est commun à tous.

C’est donc sur ses mots que je déclare ouverte cette étude sur l’évaluation du secteur privé de la santé qui va nous s’étendre sur plusieurs mois.

Je vous remercie.

Mot de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga à l’occasion de la Clôture du Forum sur l’Assistance Sanitaire d’Urgence dans la Région du Kasaï

Mot de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga à l’occasion de la Clôture du Forum sur l’Assistance Sanitaire d’Urgence dans la Région du Kasaï

Mesdames et Messieurs les Ministres Provinciaux,

Monsieur le Représentant de l’OMS,

Mesdames et Messieurs les Directeurs centraux et des programmes spécialisés du Ministère de la Santé,

Mesdames et Messieurs les partenaires de la coopération bilatérale et multilatérale du Ministère de la Santé,

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs,

Au terme de ces deux jours d’échanges sur l’Assistance Sanitaire d’Urgence dans la Région du Kasaï, je tiens à remercier tous les participants à ce forum qui ont abattu un travail considérable et ainsi permis d’atteindre les objectifs que nous nous étions fixés.

L’Etat des lieux du système sanitaire dans la région du Kasaï et les discussions combien riches des groupes de travail du forum ont permis de quantifier les problèmes suivants:

  1. Le nombre considérable de structures sanitaires détruites
  2. Le nombre important de personnel de santé déplacé
  3. Le nombre d’épidémies auxquelles la population est exposée
  4. L’état nutritionnel préoccupant
  5. L’augmentation inhabituelle des troubles psycho-sociaux

D’importants besoins restent non couverts en raison de la désintégration du système de Santé. Cela nécessite une réponse sanitaire d’urgence en attendant la restauration du système de santé.

Ensemble nous avons élaboré et défini les orientations stratégiques de la réponse sanitaire à la crise humanitaire dans la région du Kasaï.

Ces orientations stratégiques sont les suivantes :

  • Tout faire pour atteindre les populations affectées par la crise et assurer leur accessibilité financière aux soins.
  • Mieux coordonner les appuis du Gouvernement et des partenaires en vue de répondre à l’ensemble des besoins sanitaires urgents dans l’espace.
  • Rétablir et étendre dans la région les interventions de routine du PEV ainsi que celles de lutte contre le Paludisme, la Tuberculose et le VIH/Sida.
  • Organiser une campagne de vaccination réactive dans toutes les zones de santé concernées par l’épidémie de rougeole.
  • S’assurer du fonctionnement optimal de la surveillance intégrée des maladies.
  • Renforcer les mesures de préparation à la riposte aux épidémies avec un focus sur le choléra.
  • Réhabiliter et rééquiper les formations sanitaires entièrement ou partiellement détruites, en s’assurant de la conformité des constructions aux normes définies par le Ministère de la santé.
  • Pour son financement, le Ministère de la santé va orienter une partie importante de ses investissements prévus dans son Projet d’Equipement des Structures de Santé vers la Région du Kasaï.

Sur base des informations échangées, l’équipe de coordination du Forum est chargée de traduire la feuille de route en un plan d’action opérationnel avec un budget précis, un chronogramme réaliste et une répartition claire des responsabilités. Une évaluation devra être faite dans 6 mois.

Une Commission ad hoc de suivi de la Mise en Œuvre du plan de riposte doit être mis en place. Cette Commission veillera tout particulièrement à l’appropriation de la réponse par les communautés et les acteurs de développement locaux. Elle devra collaborer avec la Société Civile, les partenaires, le secteur privé ainsi que les autorités politiques et sanitaires.

Cette feuille de route constitue dès ce jour un document qui pourra soutenir mon engagement dans le plaidoyer pour la mobilisation des ressources en réponse à l’appel du Chef de l’Etat pour trouver des solutions au problème et améliorer le « social » des populations.

Je sollicite également la contribution des toutes les parties prenantes : le Gouvernement central, les Gouvernements provinciaux, les Partenaires Techniques et Financiers du Ministère de la Santé ainsi que toutes les personnes physiques et morales de bonne volonté.

Une table de ronde sur la mobilisation des ressources devra être réalisée incessamment.

Je sollicite de chacun de nous un engagement ferme pour répondre aux besoins de nos compatriotes et leur redonner la dignité.

Sur ce, je déclare clos les travaux du Forum pour l’assistance sanitaire d’urgence aux provinces de l’espace Kasaïen.

Je vous remercie

Mot de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga pour l’ouverture du Forum sur l’Assistance Sanitaire d’Urgence dans la Région du Kasaï

Mot de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga pour l’ouverture du Forum sur l’Assistance Sanitaire d’Urgence dans la Région du Kasaï

Excellence Monsieur le Premier Ministre et Chef du Gouvernement, ici représenté,

Honorables Sénateurs et Députés,

Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement et chers Collègues,

Monsieur le Conseiller Principal du Chef de l’Etat au collège socio-culturel,

Monsieur le Secrétaire Général à la Santé,

Monsieur l’Inspecteur Général à la Santé,

Messieurs les Ministres Provinciaux,

Mesdames et Messieurs les Directeurs centraux et des programmes spécialisés du Ministère de la Santé,

Mesdames et Messieurs les Représentants du Système des Nations Unies et partenaires de la coopération bilatérale et multilatérale du Ministère de la Santé,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs,

Permettez-moi avant tout de vous souhaiter la bienvenue et de vous remercier d’avoir répondu à l’invitation à ce forum dont l’objet est l’assistance sanitaire d’urgence aux provinces de la région du Kasaï. Je voudrais aussi remercier son Excellence Monsieur Président de la République, Chef de l’Etat, pour avoir fortement et personnellement contribué à la recherche de la paix dans la région du Kasaï après les évènements du phénomène Kamwina Nsapu. Je remercie également le Premier Ministre et Chef du Gouvernement pour son implication dans l’organisation de ce forum.

Comme tout le monde le sait, la région du Kasaï a été confrontée à une situation d’insécurité causée par les affrontements entre les miliciens du Chef Kamwina Nsapu et les forces de sécurité de la RDC.

Cette situation humanitaire sans précédent a occasionné le déplacement de plusieurs dizaines des milliers de personnes, la disparition de nombreux compatriotes, la destruction des infrastructures sanitaires, ainsi que la fuite du personnel de santé.

Cette précarité dans laquelle sont plongés nos frères, augmente le risque d’éclosion des maladies tueuses particulièrement pour les femmes et les enfants que nous savons tous vulnérables.

Devant cet état de choses, le Gouvernement de la République à travers le Ministère de la Santé a diligenté des missions conjointes avec nos partenaires dans les cinq provinces avec les objectifs spécifiques suivants :

  1. Réaliser une analyse rapide de la situation sanitaire dans chaque province en se focalisant non seulement sur les infrastructures mais aussi sur le fonctionnement du système de santé et la surveillance épidémiologique ;
  2. Identifier les partenaires intervenant dans le cadre de la réponse sanitaire à la crise, dans chaque province, par type et par zone d’intervention ;
  3. Evaluer le niveau de coordination des intervenants actuels opérants sur le terrain ;
  4. Déterminer les gaps de la réponse sanitaire à l’urgence dans chaque province et dégager les priorités à financer;

Les rapports réalisés indiquent une situation très difficile de la population, tant déplacée que non déplacée, liée à la destruction de tous les services de base, aggravées par l’absence de l’eau potable.

Nous sommes rassemblés dans ce forum pour partager ces rapports, les décortiqués afin de :

  • Déterminer les actions prioritaires pour la restauration du système de santé dans les cinq Provinces de la région du Kasaï ;
  • Identifier les potentielles sources d’assistance ;
  • Et surtout pour identifier le Gap pour la couverture des besoins ;
  • Contribuer à un travail plus efficace et plus concerté entre toutes les parties prenantes (car même dans l’urgence nous devons être stratégiques).

Ce Forum est donc appelé à adopter un Plan d’Assistance Sanitaire d’Urgence dans la région du Kasaï (PASU-RK, en sigle) en vue de limiter au maximum la souffrance des populations et réparer le système de santé.

La réussite de ce plan d’urgence est tributaire de notre capacité à tous, Gouvernement et partenaires à mobiliser les ressources et les moyens nécessaires pour soutenir l’action sur le terrain et redonner la dignité à nos frères et sœurs congolais.

Je vous exhorte tous à vous impliquer positivement et activement pour atteindre les objectives que nous nous sommes fixés pour ce forum et bien au-delà.

Sur ce, je déclare ouverts les travaux du Forum pour l’assistance sanitaire d’urgence aux provinces de la région du Kasaï.

Bon travail à tous.

Je vous remercie

Discours de S.E. Dr Oly Ilunga Kalenga au Gala de charité de l’ASBL « La Main sur le Coeur »

Discours de S.E. Dr Oly Ilunga Kalenga au Gala de charité de l’ASBL « La Main sur le Coeur »

Discours prononcé à l’occasion du Gala de charité organisé par l’ASBL « La Main sur le Coeur »

 

Excellence,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

 

C’est un honneur pour moi de me retrouver parmi vous ce soir. Je tiens tout d’abord à remercier les grandes dames de m’avoir associé à la réalisation de ce beau projet, et à féliciter toute l’équipe pour l’organisation de ce dîner de gala en un temps record au bénéfice de l’ASBL « La main sur le cœur ». Cela est une preuve de votre engagement et votre détermination à aider les enfants qui ont perdu leurs parents à cause du VIH SIDA. Je n’ai d’ailleurs plus aucun doute que vous arriverez à mener brillamment ce projet qui transformera la vie de tant d’enfants.

Merci également à vous, chers invités, de leur avoir fait confiance et d’avoir généreusement contribué à cette belle initiative. Bien que le SIDA soit généralement associé à la peine et à la mort, l’événement de ce soir est en réalité une célébration de la vie. La joie de vivre de nos enfants, mais surtout la vie que nous apportent les enfants.

Lorsqu’une femme accouche, on dit souvent qu’elle a donné la vie. Pourtant si l’on réfléchit bien, ce n’est pas nous qui donnons la vie à nos enfants. Ce sont plutôt eux qui changent nos vies et qui donnent un autre sens à la vie. Une nouvelle vie faite d’amour, d’attention, de joie et de partage.

Ce n’est que quand nos enfants naissent que nous avons le privilège de commencer notre vie de père ou de mère. Et même lorsqu’il y a des tragédies, ce sont à nouveau les enfants qui restent la lumière et nous aident à passer le cap. Très vite, ils se remettent à jouer ; leur vitalité, leurs rires et leurs jeux nous apprennent une leçon importante : C’est toujours la vie qui triomphe.

Comme vous le voyez, les enfants nous apportent énormément dès leur naissance, et cela doit nous faire réfléchir sur notre rôle de parents.

Dans les mots du poète libanais Khalil Gibran : « [Parents] Vous êtes les arcs par qui vos enfants comme des flèches vivantes sont projetées. L’archer voit le but sur le chemin de l’infini et il vous tend de sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin … de même qu’il aime la flèche qui vole, il aime l’arc qui est stable … »

Une fois projetés dans la vie, les enfants, et particulièrement les orphelins, sont accompagnés par le regard bienveillant de l’Archer Divin et portés par le vent de la communauté jusqu’à ce qu’ils atteignent leur but ultime. Le projet de l’association La main sur le cœur que nous sommes venus soutenir ce soir est justement d’être ce souffle puissant d’amour et d’espoir pour porter les orphelins qui sont les victimes oubliées de l’épidémie du VIH/SIDA.

Le but de l’association est de leur offrir l’amour, le soutien et la stabilité nécessaire pour qu’ils réalisent leur destin respectif et deviennent les meilleures versions d’eux-mêmes.

Aider tous les enfants sans exception est un devoir mais surtout un service que nous nous rendons à nous-même. En effet, les enfants sont notre avenir et c’est en les aidants que nous donnerons une nouvelle vie à notre communauté.

 

À tous, je vous souhaite une excellente soirée !

Je vous remercie.

Dr Oly Ilunga Kalenga

 

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au Gala de charité du TASOK

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au Gala de charité du TASOK

Discours prononcé à l’occasion du Gala de charité organisé par The American School of Kinshasa

 

Honored guests,
Dear members of the TASOK community, Dear parents,
Dear students,

I would like to thank the Operation Smile Student Club for inviting me to be part of this exciting and meaningful event. I deeply regret that I cannot be with you at the Gala tonight.

As you can imagine when duty calls, you have no other choice than responding. However, be assured that, even though my body is thousands of kilometers away from you, DRC is where my heart and spirit lie.

You are all gathered here tonight to support a great cause. For 35 years, Operation Smile has been transforming the lives of thousands of children all over the world. Since 2009, teams of international medical volunteers, assisted by their dedicated Congolese counterparts, have been tirelessly working to restore the smile of thousands of people in our beautiful country.

I believe this is truly amazing because smiling is one of the most powerful tools we have to change our lives and to change the world. A smile costs nothing and yet creates so much. Your smile can bring life, hope and courage in the hearts of people around you. All the good things begin with a smile: health, peace and friendship.

In a world obsessed with physical appearance, living with a face that looks different and unusual is a real challenge for both adults and children. Curious stares, mockery, hurtful remarks are all part of their daily life. This can lead to deep psychological wounds that prevent them from fulfilling their potential and sharing their gifts with the world.

This is why the work of organizations like Operation Smile is so important. However, helping people in need and giving them the best possible chance in life is a collective responsibility. A responsibility that falls first and foremost on the shoulders of every member of our society.

In Africa, we have this saying “If you want to go fast, go alone. If you want to go far, go together”. This is ultimately what tonight is about. It is about working together to ensure that all of our children have a bright future. A future that will be shaped and enlightened by their beautiful smiles.

Charity is a good start. So be generous tonight, and not only with your smiles. But we cannot stop there! In order to build a prosperous and sustainable society, we need all hands on deck. Policy-makers, the private sector, the academic community, we all have a major role to play in this story.

It does not have to be complicated. Simple solutions can bring profound and long- lasting benefits. For instance, creating a chair at the university will enable us to not only set up outstanding research facilities but also train the next generations of Congolese surgeons and nurses. This will guarantee that patients all over the country receive the excellent care they deserve for years to come.

This type of solution has a trickle-down effect that will benefit our society as a whole. Think about it like a champagne tower. I guess it is an appropriate analogy as we are at a Gala tonight.

When you pour champagne in the top glass, it will slowly trickle down to fill all the glasses below it. In a similar way, by pouring our time and resources in this noble cause, we can ensure that the beautiful gift of smile spills down and fills everyone with hope, even people in the most remote villages.

Thank you and have a great evening!

Dr Oly Ilunga Kalenga

Discours de S.E. Dr Oly Ilunga Kalenga au débat-conférence « Confessions intimes des femmes »

Discours de S.E. Dr Oly Ilunga Kalenga au débat-conférence « Confessions intimes des femmes »

Discours prononcé à l’occasion du 2e débat-conférence du Réseau Makutano, « Confessions intimes des femmes »

 

Excellence,

Mesdames et Messieurs

Distingues invités,

 

Je voudrais tout d’abord vous souhaiter la bienvenue à ce débat-conférence sur les femmes et remercier chacun d’entre vous qui avez fait le déplacement. Plus particulièrement, je remercie le Réseau Makutano sans qui cet événement n’aurait pas pu avoir lieu. Et je félicite les organisateurs pour leur initiative.

On n’aurait pas pu imaginer une meilleure idée que de clôturer ce mois de la femme par une conférence visant à réfléchir et échanger sur le rôle et la situation de la femme dans notre beau pays.

Je vous avoue qu’en voyant le thème de la conférence « Confessions intimes des femmes » je me suis dit : « Oula ! Mais des confessions, je n’en ai pas reçu beaucoup dans ma carrière de médecin mais des confidences bien. Ce qui m’a le plus marqué dans les confidences des femmes que j’ai soignées, ce sont leurs préoccupations. Ce qui leur importait le plus était le sort de leur famille, l’avenir de leurs enfants.

Les femmes sont les véritables piliers de notre société. Les détentrices et protectrices de nos valeurs culturelles et de nos connaissances traditionnelles. Elles représentent le maillon fort et indispensable du développement durable de notre beau et cher Congo. Ce sont elles qui peuvent faire le lien entre la tradition et la modernité : aider nos enfants à adopter la technologie sans perdre notre âme et notre identité. C’est en quelques sortes les « gardiennes du temple. »

En tant que telle, la femme congolaise devrait donc se garder de tomber dans le piège de la victimisation et se concentrer sur son rôle d’avant-gardiste. La Congolaise a toujours été une pionnière, une femme d’avant-garde dans le monde. N’avons-nous pas eu en 1969 Maman Sophie Kanza comme première femme Ministre d’État, 24 ans avant que Simone Veil n’accède à la même distinction en France ?

Dans notre pays, la femme ne doit pas centrer son combat sur elle-même. Elle est le porte-étendard des valeurs de la société, des défis de la société, des combats de la société. Notre société doit devenir plus ouverte, moins discriminante, plus tolérante et plus juste, moins stigmatisante, moins basée sur les rapports des forces et permettre au plus faible ainsi qu’aux minorités de s’épanouir. La femme doit donc porter un message qui promeut des idées et des comportements nouveaux. Tous ses combats devraient contribuer à bâtir une nouvelle société, celle dans laquelle vivront nos enfants. Pour illustrer mon propos, je vous parlerais d’un défi de sante contemporain longtemps négligé mais dont l’approche a changé grâce à la mobilisation des femmes, c’est le cancer.

Si on fait aujourd’hui le bilan du mois de la femme, nous pouvons juger comme une réussite totale le lancement de la campagne de dépistage gratuit du cancer du sein et du col de l’utérus. Ce fléau grandissant, ce tueur silencieux ne devrait en aucun cas n’être qu’une affaire de femme. C’est un problème de santé publique, c’est une question de société qui devrait être traitée et adressée comme telle. Le moment est donc venu de créer le Centre régional anticancéreux de Kinshasa.

Le cancer n’est pas une fatalité. On peut en guérir si on agit à temps et qu’on dispose des moyens nécessaires. C’est pour cela que j’accorderai, en tant que Ministre de la Santé, une attention particulière à la recherche et au traitement du cancer, en particulier les cancers féminins mais pas exclusivement.

La femme congolaise est courageuse et déterminée. C’est elle qui modèle, qui façonne notre société. Par l’investissement qu’elle fait dans chaque enfant, elle est la garante du dividende générationnel et c’est donc elle qui déterminera la place qu’occupera notre nation dans ce 3e millénaire.

Je me réjouis de la tenue de ce type de forums, afin que nous puissions nous exprimer librement et ouvertement sur les conditions de vie et la situation de la femme congolaise.

A tous, je vous souhaite un excellent moment et de fructueux échanges !

Je vous remercie.

Dr Oly Ilunga Kalenga