Mois : novembre 2017

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au VIe congrès de l’AFMED

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga au VIe congrès de l’AFMED

Crédits: Habari RDC

 

Honorable Président de l’Assemblée nationale, ici représenté,

Monsieur le Gouverneur, ici représenté,

Monsieur le Commissaire Général Adjoint de la Police nationale congolaise,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Distingués invités en vos titres, grades et qualités respectifs,

C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole à ce rendez-vous qui est désormais devenu incontournable. Effectivement chaque année au mois de novembre on a tous cette envie, cette aspiration de se retrouver ici à Kinshasa au congrès de l’AFMED.

Je tiens avant tout à féliciter les organisateurs et le bureau de l’AFMED pour cette initiative. Je veux surtout les féliciter pour les sentiments qui les animent. Premièrement pour ce sentiment, ce souci de partager le savoir et les expériences. Deuxièmement, pour un autre élément qui est aussi important : le souci de reconnaissance vis-à-vis de l’alma Mater qui est d’ailleurs l’un des Dix Commandements (honorer son père et sa mère). Je veux également féliciter tous les membres de l’AFMED et vous remercier chers invités pour votre présence qui vient rehausser cette sixième édition du Congrès de l’AFMED.

Le thème choisi cette année, qui est la médecine d’ici et d’ailleurs, est un thème qui raisonne très fort en moi parce qu’il fait référence à un concept que j’aime bien : le concept de contemporanéité. Selon ce concept, qu’on soit ici ou ailleurs, on est tous dans le troisième millénaire. Et le thème que vous avez choisi témoigne bien votre aspiration très forte de se dire qu’en 2017, même en République Démocratique du Congo on doit faire une médecine du troisième millénaire à laquelle tous les Congolais, tous les citoyens doivent avoir accès.

De plus, j’aimerai aussi vous féliciter d’avoir organiser un tel congrès car vous aidez la communauté scientifique et médicale congolaise à sortir d’un certain isolement. En effet, Pendant des années, notre communauté scientifique a beaucoup souffert d’un isolement aussi bien physique, technologique que scientifique.

Au niveau physique, nos scientifiques sont isolés à cause des difficultés pour voyager qui les empêchent parfois d’assister à des congrès internationaux. Au niveau technologique, nos étudiants sont isolés car nous n’avons ni les moyens, ni la technologie et outils didactiques pour leur enseigner la médecine du troisième millénaire. Enfin, l’isolement scientifique est lié au fait que nos étudiants et médecins n’ont pas accès à toute la littérature scientifique existante, ce qui les isole de la communauté scientifique internationale.

Je suis ministre de la santé depuis décembre 2016 et il est vrai que, lorsque j’avais été nommé par le Chef de l’Etat, mon ambition était de faire de la République Démocratique du Congo un hub santé, une destination santé en Afrique tout comme l’Inde l’est devenu.

Il faut savoir que nous avons tout pour réaliser le miracle indien. Il y a 15 ans personne n’aurait imaginé aller se faire soigner en Inde. On savait qu’il y avait de bons médecins indiens à travers le monde mais c’est tout ce qu’on savait. Il a effectivement fallu une politique volontariste de l’Inde pour arriver aux résultats qu’on connait aujourd’hui.

Ce résultat est également possible en RDC parce que, comme tout le monde le sait, nous avons d’éminents et brillants médecins congolais à travers le monde. Et, si nous créons les bonnes conditions, toutes ces éminences seront à mesure de faire de la RDC une destination santé de niveau international pour toute l’Afrique et même le reste du monde.

Lorsque je suis arrivé ici, j’étais très heureux de constater qu’il existait déjà en RDC un Plan national de Développement sanitaire (PNDS). On est déjà à la deuxième version de ce plan national dont le but ultime est d’arriver à une couverture sanitaire universelle pour tous les congolais d’ici 2030. Donc quand les autres intervenants ont parlé de fous qui rêvent, en fait non vous n’êtes des fous. Transformer le secteur de la santé en RDC est une aspiration que nous avons tous ici.

La question maintenant est donc de savoir qu’est-ce qui nous manque pour progresser et évoluer vers cette médecine du troisième millénaire vu qu’on a un plan de développement stratégique, des expertises et des médecins brillants à travers le monde. Quand on écoute la présentation de la petite Crystal, c’est vrai que la situation est très préoccupante. Aujourd’hui, beaucoup de gens interpellent le Représentant du Président de l’Assemblée nationale qui est avec nous en disant que c’est lui qui a le pouvoir de changer la situation.

Or, j’aimerais vous dire que la création de la couverture sanitaire universelle n’est pas l’œuvre que d’un seul groupe d’individus. Beaucoup de personnes doivent s’impliquer et agir pour arriver à atteindre ce noble objectif. Votre dynamique de l’AFMED représente déjà la réponse à ma question car, en organisant ce congrès, vous avez décidé d’être acteurs du changement et non pas simples spectateurs.

Par conséquent, pour arriver à cette couverture sanitaire universelle, nous devons tous changer notre attitude et nous comporter comme des vrais acteurs du changement. Cela veut dire que la communauté médicale doit accepter qu’elle est une des premières entités responsables de la qualité des soins offerts. Ainsi, en tant que médecin, nous devons toujours nous positionner comme co-auteurs de la médecine qu’on offre à nos concitoyens.

 

Les piliers de la transformation du secteur de la santé

C’est par ces mots que j’aimerais partager avec vous deux, trois réflexions sur ce qui devrait, à mon sens, changer dans notre approche collective aux problèmes de santé en RDC.

  1. L’éthique en médecine

Le premier élément, qui est aussi le plus important selon moi, c’est la dimension d’éthique, de redevabilité et de transparence.

On dit souvent que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Il n’y a pas plus vrai qu’en médecine. Je crois que si nous voulons avoir une médecine de qualité, il est important d’incorporer cette dynamique de redevabilité, cette conscience professionnelle. Je me souviens, à la fin de mes études de médecine, on se demandait avec mes amis qu’est-ce qui fait un bon médecin. Est-ce le médecin brillant qui a toujours fait de grandes distinctions ? Ou bien est-ce un médecin qui produit énormément au niveau de la recherche scientifique ?

Après mûre réflexion, on est arrivé à la conclusion qu’un bon médecin c’est avant tout un médecin consciencieux. En tant que médecin, c’est impossible de tout savoir mais vous serez de bons médecins lorsque vous aurez conscience de vos limites ; vous aurez conscience du moment où il faut passer la main à vos collègues ; vous serez conscients du fait qu’on ne peut pas quitter un malade sans avoir résolu son problème. C’est cela l’éthique et la redevabilité.

 

  1. La gestion de l’information médicale

On dit souvent que la médecine c’est un art. En effet, c’est l’art de gérer l’information médicale, c’est l’art de traduire les plaintes d’un patient en une information qui permet d’orienter la décision du médecin.

Ce deuxième pilier de la gestion de l’information médicale est donc un élément fondamental dans la pratique médicale. Lorsque j’ai visité la plupart d’hôpitaux de notre pays, j’ai déploré le fait que très peu d’hôpitaux n’ont mis en place un système de dossier médical. Lorsqu’on parle d’informations médicales, beaucoup pensent directement aux statistiques médicales. Or, la première information médicale de base c’est le dossier médical. Combien d’institutions médicales dans notre pays ont des dossiers médicaux correctement tenus ?

Il faut savoir que sans dossier médical, il n’y a pas de continuité des soins. Sans dossier médical on ne sait pas apprendre la médecine. Et sans dossier médical on ne sait pas faire de la recherche scientifique non plus.

 

  1. La santé comme un secteur porteur de l’économie congolaise

Le troisième élément sur lequel j’aimerais insister est le fait qu’on oublie souvent que la santé est aussi un secteur porteur de l’économie. Cela ne veut pas dire que la médecine, la santé est un business. Ça ne peut pas l’être. Par contre, ce que je veux dire c’est que la santé est un secteur de l’économie dans la mesure où on y échange énormément de biens et de services. C’est une économie des services dans laquelle on essaye de rendre des services. Et pour rendre service on a besoin d’une multitude de moyens, de ressources et d’intrants pour que les experts puissent exercer leur art au chevet du malade.

Donc, il faut aussi se dire qu’il y a toujours une dimension économique dans la médecine. J’insiste sur cette dimension économique parce que, trop souvent, on oppose l’approche santé publique qui est une approche avec de la planification à grande échelle et l’approche des cliniciens qui eux insistent sur leur contribution diagnostiques au chevet du malade.

L’approche de l’économie de la santé permet de concilier les deux approches en se disant que, dans tous les cas de figures, la clé est de bien utiliser les ressources dont on dispose pour pouvoir soigner au mieux le patient.

Un autre aspect de cette dimension économique qui revient souvent est celle des moyens dont le secteur de la santé dispose en RDC. Il est vrai que dans les frais de fonctionnement du système de santé congolais, 40% viennent de la poche des Congolais, 40% viennent de l’aide internationale, et la contribution du gouvernement est de 5 à 6%.

C’est vrai que la contribution du gouvernement est largement insuffisante par rapport aux besoins de la population. Mais, même la contribution internationale, qui permet d’avancer un peu plus, est extrêmement marginale. Donc, en fait, à l’heure actuelle, les contributions de tout le monde sont bien en deçà de ce dont la population a besoin.

Pour vous donner un ordre de grandeur, il faudrait environ 50 dollars par habitant par an pour avoir des soins de santé de qualité en RDC. Vu qu’on est environ 80 millions d’habitants, cela voudrait dire qu’il nous faudrait, juste pour la santé, un budget annuel de 4 milliards de dollars pour pouvoir offrir une médecine digne de ce nom.

Aujourd’hui, le budget annuel de l’Etat congolais est aux alentours de 7 milliards USD et la santé représente 6 à 7 % de ce budget total. Ainsi, pour avoir 4 milliards USD à disposition du système de santé, il faudrait que le budget de l’Etat annuel atteigne 60 à 70 milliards USD. Ainsi, le vrai challenge aujourd’hui c’est d’augmenter cette assiette globale, c’est le développement de la Nation afin d’arriver à une nation émergeante avec un budget de l’état de l’ordre de 80 à 100 milliards USD. C’est tout à fait faisable et c’est ça qui doit être notre objectif car c’est ce qui nous permettra d’arriver à une couverture sanitaire universelle.

 

Que faire pour sortir de cette impasse ?

En tant que médecins, nous savons tous que nous devons faire un bon diagnostic pour pouvoir traiter correctement les patients. Or, notre marché de la santé a un problème car les besoins des patients ne sont pas satisfaits par l’offre qui leur est faite actuellement. On peut alors dire que notre système de santé tel qu’il est aujourd’hui est dans une situation de « market failure », où l’offre ne correspond pas aux besoins.

Il existe plusieurs axes pour sortir de cette impasse.

  1. Adopter des normes règlementaires

Du côté règlementaire, on pense tout de suite que le gouvernement doit prendre toute une série de normes et de règles pour améliorer la situation. C’est important mais ce n’est pas suffisant. L’une de mes premières décisions en tant que Ministre de la Santé était de créer une Inspection générale de la santé pour pouvoir inspecter le respect des normes. Très rapidement, on s’est rendu compte des limites de cette approche qui repose uniquement sur les normes et l’inspection car on ne peut pas mettre un inspecteur ou un agent de police derrière chaque personne.

 

  1. Intégrer le secteur privé

Si l’on veut aller plus loin, il faut intégrer le secteur privé, les associations professionnelles dans la discussion, en plus du volet normatif. Le secteur privé, les associations professionnelles, l’Ordre des Médecins ont tous un rôle à jouer.

Prenons l’exemple des universités. Il existe une pléthore d’universités et il faudrait prendre des mesures draconiennes pour fermer toutes les facultés de médecine qui ne sont pas viables. D’un autre côté, le secteur privé et les associations professionnelles ont une marge de manœuvre et peuvent prendre des mesures pour limiter l’accès aux numéros d’ordre des médecins. Ce n’est pas parce que quelqu’un a un diplôme de médecine qu’il a automatiquement accès au numéro d’ordre.

Donc, tout le monde a sa part de responsabilité pour essayer de changer l’environnement dans lequel nous travaillons.

 

  1. Réguler par la certification

La régulation du secteur de la santé ne se fait pas seulement par l’adoption de normes par un inspecteur. La régulation se fait aussi lorsqu’on donne une information correcte au patient. Si on peut indiquer aux patients les endroits où on fait de la bonne médecine, alors les patients se rendront automatiquement dans ces endroits-là. C’est le principe de la certification. Les associations professionnelles peuvent également mettre en place un système de label de qualité qui permettrait d’identifier les hôpitaux et centres de santé qui pratiquent la bonne médecine. Ce label pourrait également être appliqué aux pharmacies. Au-delà des normes et lois adoptées par le Ministère de la Santé, tous ces éléments contribuent à la régulation du système de santé.

 

  1. Collaborer avec les opérateurs économiques et financiers

Pour améliorer le marché de la santé, il faut améliorer l’accès au financement pour les acteurs de la santé. Pour l’instant, le secteur de la santé de manière générale n’a pas assez accès au financement disponible.

Quelqu’un qui veut racheter une entreprise de ciment trouvera à la Banque mondiale de l’argent pour financer son rachat. Mais aujourd’hui si un prestataire congolais, un groupe de médecins congolais, un groupe de jeunes Congolais veulent ouvrir une polyclinique, ces jeunes-là n’ont personne pour financer ce projet. Donc ça veut dire aussi que pour changer l’environnement, on doit aussi s’adresser aux opérateurs économiques, aux banques, aux financiers, qui doivent changer leur approche.

Il est vrai que jusqu’à présent ils ont peur du secteur de la santé qu’ils ne connaissent pas. Il y a un gap d’information mais on doit essayer de combler ce gap et essayer d’arriver à créer un environnement dans lequel ils peuvent avoir confiance et oser prêter au secteur de la santé.

Dans cet esprit, le Ministère de la Santé a organisé avec la Banque mondiale, la Société financière internationale (SFI/IFC), la Fondation Bill & Melinda Gates et la coopération américaine, une table ronde sur l’évaluation du secteur privé de la santé pour justement essayer d’identifier les éléments qu’il faut réunir pour que le secteur bancaire puisse prêter aux prestataires congolais.

On se retourne souvent vers l’Etat en disant que l’Etat doit financer tous ces projets mais dans la plupart des pays du monde, même lorsque l’Etat finance en fait l’Etat se retourne vers une banque. Et cette banque qui préfinance l’Etat sert de garantie. Donc pour changer l’environnement médical dans lequel on se trouve, nous devons faire la démarche d’aller vers les acteurs financiers pour qu’ils soient prêts à accorder leur confiance au secteur de la santé.

 

  1. Créer une politique industrielle pour le secteur de la santé

Le dernier volet sur lequel j’allais insister c’est sur le volet industriel. Si nous voulons faire du Congo un pôle de développement, un pôle économique où l’industrie médico-pharmaceutique se développe, il faut aussi adopter des lois qui favorisent la production locale. Il y a des entreprises pharmaceutiques locales et il faut les soutenir.

C’est ce que l’Inde a fait et il y a même une forme de protectionnisme. Lorsque vous allez en Inde, vous pouvez acheter un scanner pour peut-être 200.000 USD si le scanner reste en Inde. Mais si le scanner est exporté vers un autre pays, le scanner coute alors dans les 400.000, voire 500.000 USD. Donc il y a toute une politique industrielle qu’il faudra aussi créer si nous voulons vraiment avoir un secteur de la santé qui est extrêmement florissant.

 

Conclusion : Sortons de la logique humanitaire et devenons de vrais acteurs économiques

Donc aujourd’hui on parlait de médecine d’ici et d’ailleurs. Comment s’assurer qu’en République Démocratique du Congo nous ferons une médecine du troisième millénaire ? Je voulais terminer mon exposé en disant qu’on doit tous sortir de cette logique humanitaire.

Souvent lorsqu’on parle de la santé, on reste dans cette logique humanitaire. Nous-mêmes médecins, soignants, infirmiers, lorsqu’on a choisi de faire ce métier, on pensait soigner la veuve et l’orphelin. Mais il faut savoir aussi que même un hôpital reste une entreprise, une entreprise de services. Quel que soit votre bonne volonté et votre vocation de départ, si votre hôpital n’est pas géré comme une entreprise, il ne pourra pas soigner la veuve et l’orphelin car il ne sera pas viable.

Au niveau de la société aussi on doit arrêter de se dire que l’infirmier, le médecin qui me soigne eux ils ont la vocation. Non, si vous ne payez pas correctement le médecin qui vous soigne, il ne vous soignera pas correctement. Si les médecins et infirmiers n’ont pas des salaires décents, on n’aura pas de médecine décente. Si un infirmier gagne 20.000 francs congolais, vous aurez une médecine qui vaut 20.000 francs congolais. Donc si on veut avoir une médecine de qualité, il faudrait aussi que la société et le pouvoir public comprennent qu’il faut payer correctement les professionnels de la santé.

De plus, on se repose trop souvent sur les partenaires lorsqu’il y a un problème. Mais il faut également se dire qu’on n’aura jamais une médecine durable, un développement du secteur de la santé si l’on continue à nous reposer sur cette logique de l’aide venant des ONG.

La santé c’est un secteur de l’économie et nous devons tous entrer dans cette dynamique économique. Une économie de services n’est pas un simple business. Nous sommes là pour rendre une série des services. Pour que cette économie de services puisse fonctionner il faut que tout le monde fasse sa part. Le pouvoir public doit adopter une bonne régulation et les prestataires doivent se forcer à offrir des soins de qualité. Il faudra aussi travailler sur le pouvoir d’achat de la population pour qu’elle puisse s’offrir ces soins de santé de qualité.

La couverture sanitaire universelle est notre idéal à tous mais pour y arriver nous avons aussi besoin d’une certaine expertise technique. Je crois qu’il y aura des experts du ministère de la santé qui vous présenteront la stratégie du financement du secteur de la santé. Ce sera l’occasion pour chacun d’entre nous, pour l’AFMED et toutes les autres associations professionnelles de réfléchir à comment nous pouvons nous inscrire comme co-auteurs, comme des personnes qui contribuent à écrire une nouvelle page de l’histoire médicale de notre pays. Il est temps que nous nous positionnions tous en acteurs plutôt que spectateurs.

J’aimerais clôturer mon mot sur un dernier point qui est un tout petit peu anecdotique par rapport au thème de la médecine d’ici et d’ailleurs. Ce n’est pas une affirmation mais plutôt un questionnement que je lance à tous les intellectuels qui sont dans la salle. A l’heure actuelle, lorsqu’on parle de médecine du troisième millénaire, il y a une tendance dans la plupart des pays étrangers à mettre en avant les médecines alternatives ou parallèles. Il faut savoir que le National Institute of Health (NIH) aux Etats-Unis a voté un budget de plus de 30 millions USD pour que les universités fassent de la recherche aussi dans tout ce qui est médecine alternative, ou médecine collaborative comme ils l’appellent.

Donc la question que je pose aussi aux éminents intellectuels, aux éminents collègues de la faculté de médecine c’est : quelle est la place qu’on laissera aussi à notre médecine traditionnelle dans cette médecine du troisième millénaire ? Dans ce troisième millénaire et cette ère de la technologie, quelle sera la contribution de notre nation à cette nouvelle approche de la médecine alternative qui intègre les différentes dimensions de la médecine ?

 

Voilà les quelques réflexions et pistes de solutions que j’ai voulu échanger avec vous à l’aube de ce congrès.

Je vous souhaite un excellent congrès, rempli d’échanges. Et j’espère que vous repartirez enrichis par les rencontres et par votre séjour parmi nous.

Je vous remercie pour votre attention.

Propagation du choléra dans la région du Kasaï : Le Ministère de la Santé passe à la vitesse supérieure

Propagation du choléra dans la région du Kasaï : Le Ministère de la Santé passe à la vitesse supérieure

Tout juste revenu d’une mission au Mozambique et en Afrique du Sud, le Ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga Kalenga, a convoqué, ce samedi 11 novembre 2017, une réunion d’urgence sur la situation du choléra suite aux récentes poussées de l’épidémie dans la région du « Grand Kasaï ».

A la semaine 44, allant du 30 octobre au 5 novembre 2017, des cas suspects de choléra ont été identifiés dans 72 zones de santé du pays. Les équipes du Programme national d’Elimination du Choléra et de lutte contre les autres Maladies diarrhéiques (PNECHOL-MD) ont rapporté 2 001 cas, dont 600 se trouvent au Kasaï. Et, sur les sept nouvelles zones de santé touchées, six sont aussi dans cette région.

Les équipes du PNECHOL-MD craignaient l’arrivée du choléra dans cette région fragilisée du pays en raison de l’absence de structures de soins adaptées ainsi que la difficulté d’accès à la région. Elles avaient d’ailleurs tiré une première sonnette d’alarme le 23 aout dernier.

Ainsi, le Professeur Didier Bompangue, Coordinateur du PNECHOL-MD, a présenté un nouveau plan global de riposte contre le choléra axé sur la décentralisation de la coordination nationale dans les neuf provinces les plus touchées du pays et sur une meilleure coordination de tous les acteurs actifs sur le terrain.

« L’heure n’est plus aux discussions mais à l’action. Nous parlons ici de pertes de vies humaines évitables. Notre devoir est de mettre en place des mécanismes d’intervention rapide afin d’éviter de revivre la catastrophe de 1994 à Goma », a déclaré le Professeur Bompangue. Pour rappel, lors de la grande épidémie de choléra de 1994, 58 057 personnes étaient décédées, dont 12 000 la première semaine de l’épidémie.

Dans un plaidoyer passionné, il a déploré le manque de réactivité et l’inefficience de certaines parties et il les a exhorté à revoir leurs méthodes de travail afin de les rendre plus efficaces. Il a d’ailleurs précisé que jusqu’à présent, seuls l’OMS et les Gouvernements congolais et chinois avaient débloqué des fonds en faveur des équipes de professionnels de la santé du PNECHOL-MD déployées sur le terrain.

Vu l’urgence et suite aux informations reçues, six tonnes d’intrants seront acheminés dès demain matin dans les trois plus grands foyers apparus dans la région du Kasaï, à savoir Ngandajika, Mwene Ditu et Luisa. Par ailleurs, une équipe d’experts est également arrivée à Ngandajika aujourd’hui avec 4.000 litres de soluté de Ringer.

Le Ministre de la Santé a conclu la réunion en disant que l’urgence à l’heure actuelle est d’avoir une meilleure coordination de tous les acteurs et toutes les interventions sur le terrain. Comme il l’a rappelé, une armée décentralisée ne peut pas gagner une bataille de cette envergure.

Ainsi, il a demandé aux différentes parties liées au Ministère de la Santé ainsi qu’aux partenaires présents de faire un mapping détaillé des interventions en cours afin d’identifier clairement les gaps éventuels et organiser une riposte plus efficace et mieux coordonnée.

La prochaine réunion de ce comité de crise de la lutte contre le choléra aura lieu mardi prochain, le 14 novembre 2017.

FIN

 

* Note aux éditeurs: 
Depuis janvier 2017, nous comptons 43.852 cas suspects et 871 décès, soit une létalité de 1,9%. Par ailleurs, au moins un cas de choléra a été identifié dans 21 des 26 provinces de la RDC et 200 des 515 zones de santé ont déjà été touchées au moins une fois. L’épidémie de choléra a été déclarée en juillet 2017 lorsque le seuil critique de 1% de taux de létalité a été dépassé. 

Le Ministre de la Santé se rend aux côtés des équipes qui luttent contre le choléra à Ilebo, dans la province du Kasaï

Le Ministre de la Santé se rend aux côtés des équipes qui luttent contre le choléra à Ilebo, dans la province du Kasaï

Kinshasa, le 02 novembre 2017 – Le Ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga Kalenga, s’est rendu ce jeudi 02 novembre 2017 dans la zone de santé d’Ilebo, dans la province du Kasaï. Le Dr Oly Ilunga Kalenga a tenu à se rendre dans la zone après avoir été informé de l’arrivée récente et la progression inquiétante du choléra dans cette province de la République Démocratique du Congo.

Le Ministre provincial de la Santé de la province du Kasaï, Dr Tshoko, a réservé un chaleureux accueil au Ministre national avec lequel ils ont longuement échangé sur la situation sanitaire dans la province et les défis auxquels le système de santé est confronté.

Après cette cérémonie officielle, le Dr Oly Ilunga Kalenga a été à la rencontre des équipes du Programme national d’Elimination du Choléra et de lutte contre les autres Maladies diarrhéiques (PNECHOL-MD) qui travaillent nuit et jour dans la localité depuis l’apparition des premiers cas durant la première semaine d’octobre. Il a profité de l’occasion pour réapprovisionner le stock de médicaments et de chlore essentiel pour le traitement de l’eau.

« Nous sommes ravis d’avoir pu recevoir le Ministre de la Santé dans la zone de santé d’Ilebo. Une autorité de cette envergure qui descend sur terrain palper la réalité des malades est un évènement rarissime pour la population locale. Sa décision de venir aussi rapidement sur les lieux témoigne de son engagement aussi bien politique que personnel dans la riposte contre le choléra. Lors de sa visite, il nous a rassuré de son soutien et nous a offert de précieux conseils sur la gestion du CTC. Sa présence à nos côtés aujourd’hui a réveillé en nous le zèle du mieux faire et la motivation d’en finir avec ce combat des titans dans la région. », a dit M. Dieudonné Bokwala, Coordonnateur du comité local de lutte contre le choléra basé à Ilebo.

Avant de partir, le Dr Oly Ilunga Kalenga a salué la bravoure, l’esprit patriotique et la rapidité d’action des équipes d’Ilebo qui étaient les premières à arriver sur place le 19 octobre 2017, juste quelques jours après la notification des premiers cas. «  Face à la flambée épidémique à laquelle nous sommes confrontés, nous ne pouvons pas nous permettre d’être attentistes. Nous devons nous mobiliser et compter d’abord sur nos propres ressources, aussi bien humaines que financières, si on veut s’en sortir. », a précisé le Ministre de la Santé.

A l’heure actuelle, le choléra a déjà causé au moins 22 décès au Kasaï, l’une des quatre provinces du « Grand Kasaï ». Pour rappel, la dernière épidémie connue dans la région du « Grand Kasaï » remonte à 2002. La crise humanitaire liée aux évènements dits de « KAMUENA SAPU » a fortement contribué au retour du choléra dans région en augmentant la vulnérabilité des populations et en affaiblissant la capacité d’action du système de santé.

Avant de rentrer à Kinshasa, le Ministre et sa délégation ont fait un arrêt à Kananga où ils ont visité l’Hôpital général de Référence et vérifié l’avancée des travaux de construction du nouveau centre de distribution régionale des médicaments.

Ce vendredi 03 novembre 2017, le Ministre se rendra à Kimpese dans le Kongo Central pour continuer ses visites de terrain dans le cadre de la riposte nationale contre le choléra.

FIN