Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga pour la Table Ronde de lancement de l’Évaluation du Secteur Privé de la Santé en RDC

Discours de S.E Dr Oly Ilunga Kalenga pour la Table Ronde de lancement de l’Évaluation du Secteur Privé de la Santé en RDC

Monsieur le conseiller à la primature en charge de la santé,

Monsieur le Secrétaire Général à la santé,

Monsieur l’Inspecteur Général à la santé ici représenté,

Monsieur   le Directeur pays de la Banque mondiale,

Mesdames et Messieurs les délégués du système des Nations Unis, partenaires de la coopération Bi et Multilatéral du Ministère de la santé,

Mesdames et Messieurs les Directeurs centraux et des programmes spécialisés du Ministère de la santé,

Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invites en vos titres et qualités respectifs,

 

C’est un réel plaisir pour moi de vous souhaiter la bienvenue à cette rencontre inédite avec le secteur privé de la santé en République Démocratique du Congo. Je tiens avant tout à remercier la Banque Mondiale d’avoir permis la réalisation de ce projet en un temps record et d’avoir aussi amené l’ IFC, USAID et la Fondation BILL et MELINDA GATES à participer et soutenir à cette étude et ce projet.

Je tiens aussi à remercier tous les membres du cabinet qui travaille sur ce projet depuis le premier jour de mon entrée en fonction. Lorsque le chef de l’Etat m’a confié la mission du ministère de la santé, mon objectif principal était effectivement la mise en œuvre du programme national de développement sanitaire et conduire le pays à la couverture sanitaire universelle en 2030.

Pour accélérer la mise en œuvre du PNDS et le rendre aussi soutenable j’avais identifié trois piliers qu’il était important de renforcer :

  • Le premier pilier était l’éthique et la rédévabilité dans le système ;
  • Le deuxième pilier était la question du management de l’information sanitaire pour basculer dans un environnement où la prise de décision et le management sont basés sur des évidences ;
  • Et le troisième pilier était le renforcement du secteur privé.

L’ambition pour ne pas vous cacher était effectivement, à l’instar de l’Inde, d’imaginer un jour dans un horizon 2030 d’avoir une République Démocratique du Congo qui est un véritable hub santé en Afrique avec une industrie médico-sanitaire, médico-pharmaceutique florissante.

Cette ambition était partagée avec les représentants de la Banque Mondiale et après plusieurs discussions nous sommes arrivés à la conclusion très simple que même un voyage de plus de 1000 miles commence par le premier pas. Et le premier pas que nous avions convenu était de commencer par cette étude, cette évaluation du secteur privé de la santé.

La firme Abt Associates a été retenue pour nous réaliser ce projet et, avant de leur céder la parole pour leur permettre de nous présenter la méthodologie d’évaluation et aussi avant d’écouter les contributions de tous les participants autour de la table, je voudrais juste partager avec vous la perspective que j’ai par rapport à cette problématique.

Nous ne devrons pas perdre de vue que l’objectif effectivement c’est la couverture sanitaire universelle et même cet objectif ne peut être soutenable et un succès que s’il s’inscrit dans une logique économique. La santé n’est pas un bien échangeable, mais pour parvenir a la santé il y a des biens et services de soins de santé qui eux sont échangeables et qui eux obéissent aussi à des règles économiques.

La santé est aussi un véritable secteur de l’économie nationale avec des acteurs privés, des acteurs publics, des acteurs de tout genre. Pourtant, ce qui a souvent prévalu dans le passé c’est une opposition entre les acteurs privés et publics. Et ces oppositions, ces manques de concertation entre tous les acteurs qui opèrent dans le secteur de la santé ont abouti en partie à ce qu’on pourrait appeler un marché défaillant, market failure, où les besoins de base de la population ne sont pas satisfaits.

C’est ce gap qui reste préoccupant que nous devons essayer de combler. En ce qui concerne ce gap, nous avons je crois tous une part de responsabilité et je pense que le temps est venu d’avoir un dialogue ouvert entre tous les partenaires et d’incorporer aussi le secteur privé dans la mise en œuvre de nos stratégies.

La vision qu’il faut avoir du secteur privé est celle qu’il est un partenaire de l’Etat dans la mise en œuvre de sa stratégie. Cette vision avait déjà été formalisée en 2002 dans le cadre du Vade mecum sur le partenariat de la santé. Et dans ce vade mecum il est effectivement bien stipulé que l’Etat a un rôle normatif, un rôle de régulateur et il doit être le garant de la qualité des soins tandis que l’opérateur privé est autonome mais doit exercer son art, son activité en respectant une série des règles. Donc l’étude qui va être menée est vraiment un premier pas d’ouverture du secteur public vers le secteur privé. Il ne s’agit pas, ici de remettre en cause toutes les reformes qui sont en cours mais il faut juste se dire qu’il y a des nouvelles attentes par rapport à cette démarche.

La première attente c’est d’essayer de comprendre à la fois comment est structuré le secteur privé et quelles sont les dynamiques au sein du secteur privé de la santé ;

Une autre attente de cette étude et de ce dialogue, c’est d’essayer de voir quel est le cadre de concertation qu’il faut créer entre les différents acteurs du secteur de la santé pour justement trouver des solutions et combler ce gap de besoins qui ne sont pas satisfaits.

Une des attentes aussi c’est de pouvoir évaluer la contribution du secteur de la santé à l’économie nationale afin de pouvoir stimuler ultérieurement les investissements dans le secteur privé de la santé.

Enfin, je crois qu’une autre des attentes c’est aussi de ne pas oublier la place que l’innovation doit occuper pour justement être en mesure d’offrir des soins de qualité à la population qui a un faible pouvoir d’achat. Le secteur privé a beaucoup de marge pour essayer justement stimuler cette innovation.

Nous espérons que cette étude va aboutir à des mesures concrètes qui pourront contribuer à renforcer les services de la santé d’une manière tout à fait générale. Je pense que si je devais reformuler le nom du Forum « l’évaluation du secteur privé de la santé » en fait on devrait peut-être parler d’évaluation du rôle des acteurs privés dans le secteur de la santé qui est commun à tous.

C’est donc sur ses mots que je déclare ouverte cette étude sur l’évaluation du secteur privé de la santé qui va nous s’étendre sur plusieurs mois.

Je vous remercie.

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